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Publié le 17 septembre 2011 à 12h30
Mis à jour le 17 septembre 2011 à 12h40
Très prisé par les visiteurs, le palais présidentiel se dévoile aussi, dimanche soir, dans un documentaire porté par Stéphane Bern.

Plus de 20.000 personnes sont attendues aux portes du palais. Cette année encore, l’Elysée sera l’un des monuments les plus visités de ses 28e Journées du patrimoine. Les plus courageux devront s’armer de patience pour espérer pénétrer dans cet antre du pouvoir qui a abrité, depuis le XVIIIe siècle, rois, princes, favorites et pas moins de vingt-trois présidents de la République ! « Ce bâtiment est l’esprit même de la France », résume Stéphane Bern, qui présente dimanche soir sur France 2, un documentaire exceptionnel, Si les murs de l’Elysée pouvaient parler. L’opportunité, finalement, d’en découvrir encore plus que lors d’une simple visite et de pousser les portes dérobées.
« C’est la première fois que les caméras peuvent immortaliser les pièces réservées aux locataires du lieu », reprend l’animateur. Les téléspectateurs pourront donc s’émerveiller du parc à la centaine d’espèces d’arbres, dont un platane remarquable de cinq mètres de circonférence et un bonsaï géant. Sans oublier de jeter un œil sur le petit jardin d’agrément à la française, traditionnellement réservé au couple présidentiel. « Tous les collaborateurs des différents présidents vont également s’exprimer pour raconter la vie du lieu », poursuit Bern.
D’ailleurs, s’il est des personnes décisives à l’aura de l’Elysée, ce sont bien les femmes ! Depuis deux cents ans, elles ont contribué à l’aménagement intérieur du « château ». Et ce, depuis Anne-Marie, épouse du comte d’Evreux, l’aristo pingre et taciturne qui a fait construire l’édifice. La Pompadour, ministre de la Culture (sans le titre) de Louis XV, est sans doute celle qui a le plus largement contribué à la décoration du lieu, sans vraiment regarder à la dépense.
Sous la Ve République, les premières dames se sont aussi impliquées à apporter un peu de chaleur au lieu. « Car l’Elysée est avant tout un lieu de travail », rappelle Stéphane Bern. Yvonne de Gaulle, qui s’y sentait à l’étroit, sera la première à distiller une touche féminine dans cette rigueur très militaire. Chambardement avec Claude Pompidou, qui fera se télescoper l’ancien et le contemporain. Chez les Giscard, c’est surtout Monsieur qui choisira la déco dans les moindres détails. Danielle Mitterrand en fera le QG de ses fondations. Carla Bruni-Sarkozy s’y mariera dans l’austérité d’un petit salon privé. Enfin Bernadette Chirac, demeure la parfaite maîtresse de maison. En douze ans de mandat de son mari, elle a tenu le palais d’une main de fer. « L’Elysée est une maison habitée par des femmes qui ont toujours eu du caractère », conclu Stéphane Bern.
SECRETS D’HISTOIRE, DIMANCHE 22 H 25 – FRANCE 2
LEGENDES
LA FOLIE POMPADOUR
Tapisseries, peintures et sculptures aux deux colombes entrelacées, son emblème, sont encore présentes à l’Elysée. La Pompadour a dépensé sans compter pour décorer le lieu. Le salon qui porte son nom, avec sa commode Louis XV en bois de violette marqueté, demeure une pièce remarquable.
L’ART FAÇON POMPIDOU
On sait combien Claude Pompidou était férue d’art contemporain. Elle a voulu faire de l’Elysée un lieu « in » et a transformé des appartements entiers. La décoration était un savant mélange de mobilier Louis XV et d’œuvres de Giacometti. Le salon Agram, aux petits carrés multicolores, a sans doute été sa plus belle audace.
MITTERRAND
Le couple Mitterrand n’a pas habité à l’Elysée. En revanche, Danièle y a longtemps occupé un bureau pour centraliser ses fondations. « Elle a fait travailler des artistes contemporains pour de grandes commandes de l’Etat », renseigne Stéphane Bern.
BERNADETTE CHIRAC : L’AMOUREUSE
« C’est finalement la seule première dame de France a avoir aimé l’endroit, explique Stéphane Bern. Elle est revenue à quelque chose de classique (mobilier Louis XVI) et a laissé le soin à de grands décorateurs de rafraîchir les appartements qui ne l’avaient pas été depuis des décennies. »