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La Redoute s'en remet au tribunal de commerce

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La Redoute s'en remet
au tribunal de commerce
 

 

  • Publié <time data-ago="il y a 34 minutes" data-original=" le 21/03/2014 à 19:20" datetime="2014-03-21T19:20:27+01:00" itemprop="datePublished" style="-webkit-tap-highlight-color: rgba(0, 0, 0, 0); margin: 0px; padding: 0px; border: 0px; font-family: inherit; font-size: inherit; font-style: inherit; font-variant: inherit; font-weight: inherit; line-height: inherit; vertical-align: baseline;">le 21/03/2014 à 19:20</time>
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</figcaption></figure>

Devant le refus des syndicats de signer l'accord sur les conditions du plan social

préalable à la reprise du groupe, la direction a décidé de saisir les juges qui pourraient

prononcer son placement en redressement judiciaire.


La Redoute
 pourra-t-elle échapper au redressement judiciaire? 

Nathalie Balla et Éric Courteille, les dirigeants du leader français de

la vente à distance de vêtements qui en négocient depuis le 4 décembre 

la reprise pour un euro symbolique à Kering, ont annoncé vendredi

après-midi qu'ils avaient «l'obligation d'informer le président du tribunal

de commerce de Lille des difficultés financières auxquelles est confrontée

l'entreprise (…) en anticipation de l'arrêt du financement de l'exploitation de

La Redoute par Kering.»

Après plusieurs mois de négociations dans un contexte social très

tendu, ils ne sont pas parvenus à faire accepter par les syndicats les

mesures sociales d'accompagnement de leur plan de redressement de

l'entreprise, qui comprend la suppression de 1178 des 3437 emplois à

La Redoute et de 172 des 569 postes chez Relais Colis.

Pétition, manifestations de salariés de La Redoute, sortie publique de 

Martine Aubry, montée à Lille de dirigeants de la fédération services

de la CFDT… rien n'a permis de convaincre les délégués syndicaux de ce

syndicat chez La Redoute de

signer le protocole d'accord proposé par la direction avant l'ultimatum

fixé à vendredi, 14 heures. Seule la CFE-CGC, deuxième syndicat à

La Redoutel'a signé. Face à l'opposition de la CGT, il fallait l'approbation

de SUD ou de la CFDT pour valider le protocole d'accord. Une condition

à la mise en œuvre de la cession de

La Redoute par Kering.

Les salariés encartés à la CFDT ont voté jeudi soir, à main levée, contre

le vote. Selon nos informations, le délégué syndical central, personnelle-

ment favorable à une signature du protocole, n'a pas voulu assumer

seul la responsabilité de le parapher. Et la fédération des services de

la CFDT n'a pas souhaité, ou osé, se substituer à lui.

Kering avait manifesté mercredi sa détermination de ne plus financer

les pertes de l'entreprise en l'absence d'accord. Depuis deux ans, La

Redoute perd plusieurs de millions d'euros par an, et son chiffre d'

affaires recule de 10% par an (1 milliard d'euros l'an passé). Cette

menace n'a pas calmé les très vives tensions entre les salariés et les

syndicats favorables à un accord et les jusqu'au-boutistes. «Nous sommes

déterminés et irons jusqu'au bout, assurait mercredi un représentant de la CGT.

Si La Redoute devait fermer, ce serait de la responsabilité de son PDG, François

-Henri Pinault, qui en supporterait les conséquences, et là, si on doit négocier

les licenciements avec Kering, on n'exigera pas 40.000 euros

de prime de départ, mais beaucoup plus.»

Un référendum des salariés pour sortir de l'impasse?

Au contraire, si le processus de cession s'arrête, les 520 millions d'euros promis

par Kering aux repreneurs (320 pour le projet de transformation et 200 pour

les mesures

d'accompagnement sociales) deviendraient pourtant… zéro.

Toutefois, le groupe contrôlé par la famille de François-Henri Pinault,

proche du président de la République, prendrait un risque d'image à

s'engager dans un tel processus, surtout en pleine période électorale.

La partie de poker menteur n'est pas terminée, d'autant que personne

ne voudra assumer la responsabilité d'une issue fatale, y compris le

président du tribunal de commerce.

Dans son entourage, certains pourraient tenter de convaincre les

syndicats de la réalité du danger s'il devait engager une procédure.

Une issue serait un référendum des salariés sur les mesures proposées

par la direction. En cas de vote favorable, La Redoute pourrait enfin

passer à l'étape suivante: la mise en œuvre du plan de redressement,

crucial pour la survie d'un ex-fleuron de la VPC.

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