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La règle d’or, une épreuve pour la gauche radicale

La règle d’or, une épreuve pour la gauche radicale

C'est de bonne guerre : le jour où la Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe autorise le Mécanisme européen de stabilité (MES), qui doit permettre de secourir les pays en difficulté de la zone euro, une partie de la gauche française lance la mobilisation contre le traité européen de discipline budgétaire.

Ce texte, plus connu sous le nom de "règle d'or", avait été signé par Nicolas Sarkozy sous la pression d'Angela Merkel au plus fort de la crise des dettes souveraines. Il balise le chemin de retour à l'équilibre des comptes publics avec contrôle accru de Bruxelles sur les budgets nationaux et droit de saisine de la Cour de justice européenne.

Ses adversaires à gauche sont en grande partie les mêmes que ceux qui avaient organisé en 2005 – et avec succès – la mobilisation contre le traité constitutionnel européen.

On y trouve des associations comme Attac et Copernic, des syndicats comme Solidaire et l'UNEF, des partis politiques (PCF, Front de gauche, NPA) et des mouvements plus récents comme le collectif des Economistes Atterrés.

Tous ont signé une déclaration unitaire contre le traité qui sera soumis au Parlement en octobre. Ils annoncent une manifestation nationale le 30 septembre pour dire "non" à sa ratification et non aux politiques d'austérité.

A priori, ils ont un boulevard devant eux et ce pour trois raisons :

  • François Hollande était contre le texte avant d'être élu président de la République au motif que la règle d'or liait trop les mains des gouvernements nationaux. Or excepté un addendum sur le pacte de croissance, le président Hollande n'est pas parvenu à faire bouger les lignes.
  • les "petits cailloux" que recense le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, depuis juin sur la route européenne (pacte pour la croissance, union bancaire, rachats par la Banque centrale européenne des dettes des pays les plus faibles) ne sont pas encore suffisamment fournis pour qu'on puisse affirmer aujourd'hui que la zone euro est tirée d'affaire.
  • Réduire les déficits à marche forcée avec trois millions de chômeurs et une grosse panne de croissance risque de faire de la France un malade qui meurt guéri.

Et pourtant, on les sent inquiets, peu sûrs de pouvoir changer le cours des choses avec, qui plus est, la crainte de se faire déborder par l'autre non, celui du Front national. Ils partent prudemment à la bataille et comme s'ils étaient déjà battus d'avance .

Olivier Besancenot, entendu ce jour sur France Info, donne la clé de leur inquiétude. Des manifestations ? Très bien, dit en substance le postier redevenu simple militant du NPA. Mais après ? "Pendant la contestation de 2010 sur les retraites, on était des milliers dans la rue, rappelle-t-il, et cela n'a servi à rien."

Du coup, la tentation de la radicalité existe : il faut "des grèves, des occupations de place publique", dit Olivier Besancenot. Très bien mais qui suivra ?

Les salariés, tétanisés par la crise ?

La CGT, qui revendique par ailleurs d'être à la table des négociations sur la compétitivité ?

Le PCF et les Verts, qui ne doivent leur représentation au Parlement qu'au bon vouloir des socialistes ?

La gauche au pouvoir pose un redoutable problème à la gauche radicale.

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