Suivi quotidien, flash d'actualités touchant l'économie,culture,environnement, société, politique,poésie, l'international.
Les coups continuent de pleuvoir de toutes parts contre le régime. Bachar el-Assad accepte l’envoi d’observateurs sur son sol

«Un vote honteux et calomnieux», de la part de pays qui ont choisi de «conspirer» contre la Syrie. Ce sont les mots qu’a choisis hier le ministre syrien des Affaires étrangères Walid al-Moallem pour qualifier la décision, prise samedi par la Ligue arabe, de suspendre son pays de l’organisation.
Cette irritation syrienne tranche avec le ton désinvolte affiché jusqu’ici par Damas face à toute menace de sanction. Fort de ses 250 000 hommes armés, le régime syrien a certes encore de la marge pour mater toute velléité de changement dans le pays. Mais les signes d’usure se multiplient.
Sur le plan diplomatique d’abord, la Ligue arabe, qui se réunira demain à Rabat au Maroc, ne relâche pas son os. Hier, suite à l’acceptation par la Syrie de l’envoi de 500 observateurs étrangers sur son sol, la Ligue arabe a dit que c’est elle qui dicterait les règles du jeu de cette visite. Le même jour, elle recevait des représentants de l’opposition en invitant tous les courants qui la représentent à «se mettre d’accord sur un projet commun».
Après la Turquie, qui a définitivement choisi son camp, la Jordanie est aussi sortie de sa réserve. Le roi Abdallah II a appelé le président syrien à «quitter le pouvoir». Côté européen, de nouvelles sanctions ont été annoncées par l’UE contre 18 entreprises et personnalités syriennes, qui s’ajoutent à d’autres. Elles commenceraient à semer le doute dans le milieu des affaires à Damas. L’embargo européen entraînerait un manque à gagner de 450 millions de dollars par mois, selon des estimations. Les investissements ont cessé et le commerce extérieur a baissé de 50%.
Autre signe: de vieux loups qui avaient un temps espérer faire leur place au sein du pouvoir en Syrie sortent du bois, flairant, voire agitant la perspective du changement. Dimanche, l’oncle exilé de Bachar el-Assad, Rifaat el-Assad, appelait depuis Paris à la création d’une alliance internationale chargée de négocier le départ du président en échange de garanties pour sa sécurité. Et le 6 novembre, l’ancien vice-président syrien, Abdel Halim Khaddam, qui lui aussi vit en exil en France, lançait son propre mouvement d’opposition en évoquant la fin certaine de Bachar el-Assad. Dimanche dans Le Monde, il insistait: les doutes auraient atteint les rangs des hauts dirigeants (alaouites) de l’armée. «Ils savent que le régime est fini et se demandent où toute cette répression féroce va conduire», dit-il. Quant au président lui-même, il serait inquiet et ne passerait «pas deux nuits de suite au même endroit». Vrai ou faux? Qu’importe, pour la première fois,
l’idée que le régime de fer syrien vacille s’est installée dans les esprits.