On en connaît un peu plus sur le fameux plan d'économies de 50 milliards d'euros sur les dépenses publiques de 2015 à 2017. Sur ce total, Manuel Valls avait déjà annoncé que 18 milliards concerneraient l'État, 11 milliards les collectivités locales et 21 milliards la Sécurité sociale. Les ministères savent désormais à quelle sauce ils vont être mangés. L'exécutif présente en effet aujourd'hui les crédits qui leur sont affectés pour ces trois prochaines années aux députés. Et, ce dans le cadre du débat d'orientation sur les finances publiques, discuté avec les parlementaires. Les lettres plafonds, envoyées par Matignon, et qui définissent plus précisément ces dépenses, seront adressées aux ministres en fin de semaine.
Le ministère du Travail, de l'Emploi est le plus touché: ses crédits baissent en effet de 14,6%. Cette diminution prend en compte, selon le gouvernement, l'effet attendu du pacte de responsabilité et de solidarité, qui prévoit d'importantes baisses de charges et de fiscalité sur les entreprises. L'exécutif en attend un effet positif sur la croissance et l'emploi.
Diminution drastique des crédits budgétaires audiovisuels
Bercy a par ailleurs visiblement voulu donner l'exemple. Les dépenses du ministère de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique, dirigé par Arnaud Montebourg, chuteront en effet de près de 10% entre la loi de finances initiale (LFI) de 2014 et les prévisions pour 2017. Son collègueMichel Sapin devra aussi se serrer la ceinture: les crédits du ministère des Finances et des Comptes publics doivent en effet reculer de 7,9% sur la période. La Culture et la Communication sont également concernées, mais uniquement à travers une diminution drastique des crédits budgétaires audiovisuels, qui passeront de 292 millions à 29 millions. «Le financement des sociétés de l'audiovisuel sera intégralement assuré par le produit de la redevance», est-il précisé.
Il faut aussi signaler l'effort important fourni par l'Agriculture (-7,5%). Le gouvernement indique que cette baisse est «compensée» par «la réforme de la politique agricole commune (PAC)», européenne. Les Affaires étrangères subissent également un tour de vis (-4,8%), de même que l'Écologie (-3%).
Baisse des effectifs dans la Défense et à Bercy
Les crédits de la Défense restent stables. Ils permettent, selon l'exécutif, de «garantir la mise en œuvre intégrale de la loi de programmation militaire pour les années 2014-2019».
D'autres ministères voient à l'inverse leurs moyens augmenter. C'est le cas du ministère des Affaires sociales et de la Santé (+4,5 %), «afin notamment de tenir compte de la dynamique des prestations de solidarité». Le RSA sera ainsi revalorisé de 2% par an au-delà de l'inflation. Autre gagnant: l'outremer. Le Cice sera augmenté sur ces territoires pour atteindre 9% de la masse salariale (au lieu de 6% ailleurs).
Le gouvernement a par ailleurs confirmé son objectif de stabiliser les effectifs de l'État sur la durée du quinquennat. Mais tous les secteurs ne seront pas logés à la même enseigne. Des embauches sont prévues de 2015 à 2017 dans les ministères prioritaires. Principalement l'Éducation nationale (29.644 postes), mais aussi la police et la gendarmerie (1405 postes) et la justice (1834 postes). À l'inverse, des suppressions de postes sont prévues ailleurs. Pour la seule année 2015, 7500 postes seront ainsi supprimés à la Défense et 2500 au ministère des Finances.
<figcaption itemprop="description">