Loin de se rassurer après sa poussive victoire sur la Bosnie (2-1), l’Argentine a longtemps semblé promise à un match nul face à l’Iran ce samedi, à Belo Horizonte, avant que Leo Messi ne surgisse pour inscrire une nouvelle fois le but de la victoire (1-0) et envoyer l’Albiceleste en 8e de finale. L’illusion est totale tant l’équipe de Sabella peine dans le jeu.
Comme face à la Bosnie cinq jours plus tôt, Leo Messi a sauvé les apparences. Une fois encore, le maestro argentin a pallié les difficultés de son équipe, incapable de dominer le modeste adversaire iranien. Le 40e but en sélection du Barcelonais, le troisième en Coupe du monde, mais surtout le deuxième en deux matches au Brésil quand, dans les arrêts de jeu, Messi a surgi pour crucifier à l’entrée de la surface d’une sublime frappe enroulée son adversaire pourtant sublime contradicteur (1-0, 90e+1). Messi est le sauveur d’une Albiceleste au collectif en panne et vaut six points à lui tout seul, ou presque.
Un maître à jouer qui a eu gain de cause. La polémique consécutive à la poussive victoire (2-1) face à la Bosnie sur le schéma tactique en 5-3-2 très contesté mis en place pour ce match d’ouverture par Alejandro Sabella trouvait son épilogue avec le onze de départ aligné au coup d’envoi de ce deuxième match du Groupe F face à l’Iran : le retour au 4-3-3 traditionnel était de nature à combler Leo Messi, en même temps que les titularisations de Gonzalo Higuain et Fernando Gago dans le système qui sied le mieux à la « Pulga ».
<aside><section><header></header></section></aside>La moue dubitative de Diego Maradona, présent en tribunes, en dit long…
De quoi a priori faire sauter le verrou d’une équipe d’Iran malgré tout bien décidée, cinq jours après le bon nul arraché au Nigéria (0-0), à réussir l’impossible exploit face à une Albiceleste archi-favorite. Encore faut-il pour les Argentins assumer ce statut. Avec un tel arsenal offensif, le potentiel est incontestable et les opportunités vont s’enchaîner sur le but de la Team Mellie. Avec les deux nouveaux venus, Gago pour Higuain, qui s’illustrent, le Napolitain butant sur Alireza Haghighi (13e). On pense le ton ainsi donné avec successivement la tentative de Sergio Aguero qui, sur la bonne remise en pivot de Higuain, oblige encore le gardien à une parade exceptionnelle, puis le coup de tête de Marcos Rojo non cadrée (24e). Mais déjà un certain déchet technique vient polluer le jeu argentin sans que Messi ne s’illustre réellement, si ce n’est sur ce coup franc trop enlevé (33e) ou ce ballon posé sur le crâne d’Ezequiel Garay, qui là encore ne trouve pas le but perse (37e). Des occasions, mais toujours pas de but, alors que l’Iran se signale sur corner par Jalal Hosseini (43e), avant une pause atteinte sur un score nul et vierge (0-0).
La moue dubitative de Diego Maradona, présent en tribunes, en dit long… On n’imagine pas Sabella modifier à nouveau son équipe à l’entame de cette seconde période. Messi et les siens ont eu ce qu’ils voulaient, à eux de prendre leurs responsabilités. Le conciliabule entre le capitaine argentin, Aguero et Higuain au retour des vestiaires semble annoncer une réaction. On n’en est loin… L’incroyable se produit avec une Argentine en train de déjouer face à la 43e nation FIFA capable, sur ce coup de tête à bout portant de Reza Goochannejad que repousse Sergio Romero, de se procurer la plus belle occasion du match (53e). Le double champion du monde est au bord du gouffre, à l’image d’un Gago de plus en plus emprunté, les joueurs de couloirs se marchent sur les pieds, Higuain n’est pas le finisseur espéré et Messi, sur l’une de ses trop rares accélérations, rate la cible (60e). Sabella, s’il n’ose pas retoucher son système, se résout à dépasser son cas de conscience avec les entrées d’Ezequiel Lavezzi et de Rodrigo Palacio en lieu et place de Sergio Aguero et de Gonzalo Higuain (76e). Sans effet puisque l’Iran tutoie la victoire sur les dernières occasions que repoussent Romero, tout près de mériter le titre d’homme du match. Avant que Messi ne surgisse… Sans lui, l’Argentine ne serait pas certainement pas l’épouvantail dont auraient tout à craindre les Bleus de Deschamps dans le cas d'un possible 8e de finale. Mais Messi est là et bien là.
<figcaption>Déjà auteur du but de la victoire face à la Bosnie, Leo Messi sauve encore l'Argentine : la "Pulga" trouve pour la deuxième fois le chemin des filets dans cette Coupe du monde et qualifie l'Albiceleste. (Reuters)</figcaption>
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