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Le président Bouteflika aurait quitté l'hôpital parisien du Val-de-Grâce

Dernière modification : 07/05/2013 
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Le président Bouteflika aurait quitté l'hôpital parisien du Val-de-Grâce
Le président Bouteflika aurait quitté l'hôpital parisien du Val-de-Grâce
© AFP

Selon le standard du Val-de-Grâce, à Paris, où le président algérien Abdelaziz Bouteflika a été hospitalisé il y a dix jours, le chef de l'Etat a quitté l'établissement. Pour quelle destination ? Le mystère reste entier.

Par Assiya HAMZA (texte)
 

"Mais il n’est plus chez nous !" Cette petite phrase maladroitement lancée par la standardiste de l’hôpital du Val-de-Grâce, à Paris, aurait pu être anodine si elle ne concernait la personne la plus recherchée d’Algérie : le président Abdelaziz Bouteflika. Dix jours après son hospitalisation, le 27 avril, dans la capitale française à la suite d'un mini-AVC, l'état de santé du chef de l'État ne fait désormais plus l’objet d’aucune communication officielle, ce qui favorise les spéculations de toutes sortes.

Abdelaziz Bouteflika a-t-il quitté l’établissement militaire ? Impossible d’obtenir la moindre confirmation. "Nous ne communiquons jamais sur nos éventuels patients", lance ainsi, laconique, le service de presse du ministère français de la Défense contacté par FRANCE 24.

Le Quai d’Orsay, lui non plus, ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet. Quant à l’ambassade d’Algérie en France, elle restait injoignable ce mardi en début d’après-midi. "N’étant pas habilitée à communiquer sur le sujet", la représentation algérienne en Suisse n’a pas souhaité répondre à FRANCE 24.

Black-out total des autorités

En dehors de deux communiqués de presse lus aux journalistes, le black-out sur la santé du président algérien est donc total. D'autant plus que, en Algérie, on ne se montre pas plus loquace. Joint au téléphone par l'AFP le 6 mai, le Pr Rachid Bougherbal, qui a soigné le chef de l'État avant son transfert à Paris, a renvoyé l'agence vers le cabinet du Premier ministre, Abdelmalek Sellal... où l’heure n’est pas à la communication non plus. À nouveau contacté par FRANCE 24, ce mardi, pour confirmer l'information selon laquelle le président avait quitté l'hôpital du Val-de-Grâce, le service de presse du chef du gouvernement ne s'est pas montré plus bavard.

La dernière fois que le président s'est manifesté publiquement remonte à la semaine dernière, veille du 1er mai, lorsqu'il a adressé un message aux Algériens par le biais de l’agence de presse officielle APS. "Il m'est très difficile, alors que je me trouve dans un hôpital à l'étranger, de ne pas être, pour la première fois, aux côtés du peuple algérien pour célébrer la fête des travailleurs et assister aux finales de la Coupe d'Algérie de football et de la Coupe d'Algérie militaire", indiquait-il.

Autre célébration, autre message, le 3 mai, à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, toujours par le biais de l’agence gouvernementale. "Il nous [les journalistes] a adressé un message par le biais de l’agence de presse officielle APS. Mais nous savons tous que ce n’est pas lui qui l’a dicté personnellement. C’est le silence total. On ne sait pas s’il est sorti de l’hôpital, s’il est en France, en Suisse ou en Algérie", souligne Hamid Guemache, fondateur du site Tout sur l’Algérie (TSA).

Depuis son hospitalisation, le chef de l'État algérien n'a été ni vu, ni entendu par ses concitoyens. D’où toutes les spéculations sur son état de santé et son lieu de résidence actuel. "On nous affirme qu’il va bien, mais il n’y a aucune image pour le prouver, insiste Hamid Guemache. Il y a un vrai problème de communication. On ne peut pas dissimuler les choses à ce point-là !"

Dix ans de folles rumeurs sur la santé du président

Réélu en avril 2004 puis en avril 2009, Abdelaziz Bouteflika avait été opéré à la fin de 2005 à Paris "d’un ulcère hémorragique au niveau de l’estomac", selon les autorités algériennes. Longtemps tenue secrète, cette hospitalisation avait été révélée et commentée un an plus tard par le président en personne.

Le chef de l’État avait alors annoncé "qu’il avait été très, très malade" mais qu’il s’en était "sorti de manière absolument fabuleuse". "Il faut cesser de parler de ma santé", avait-il alors prévenu. Depuis cette date, l’état de santé du président Bouteflika fait régulièrement l’objet de commentaires dans les journaux algériens et toute absence prolongée de sa part déclenche toutes sortes de conjectures.

"Depuis 2005, il est régulièrement malade. Mais le problème, c’est que le pays est bloqué, analyse le fondateur de TSA. Nous sommes dans un régime ultra présidentiel où le Parlement n’a pratiquement aucun rôle. Sans le président, les institutions sont paralysées".

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