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Les troupes birmanes se sont livrées à de multiples exactions contre les civils dans l'extrême nord du pays lors d'une offensive contre les rebelles kachins lancée l'été dernier, affirme Human Rights Watch (HRW).
Dans une nouvelle enquête intitulée "Souffrances cachées : violences de guerre et déplacements forcés dans l'Etat kachin de Birmanie", l'organisation dénonce, sur la base de témoignages, des violations flagrantes des droits élémentaires des villageois pris dans les combats.
Un homme raconte ainsi qu'il a assisté au viol collectif de deux femmes par des soldats. "Je n'ai pas pu les compter. Ils les ont tous violées. Ils l'ont fait devant nous." Les combats ont repris en juin 2011 entre les militaires birmans et l'Armée pour l'indépendance kachin (KIA) dans une zone où la Chine bâtissait un barrage hydroélectrique, mettant fin à un cessez-le-feu de dix-sept ans.
"Ils disaient que nous, les villageois, étions la KIA et que la KIA étaient les villageois et que c'est pour ça qu'ils nous tiraient dessus", a témoigné une femme de 40 ans.
Le rapport de HRW offre un témoignage de plus sur des exactions documentées depuis des années dans les zones de guerre civile du pays. Il fait par ailleurs état d'usage des mines et du recours aux enfants soldats, par l'armée comme par les rebelles.
Le gouvernement de Naypyidaw, dirigé par d'anciens militaires, a entrepris des réformes spectaculaires depuis la dissolution de la junte, en mars 2011. Il a notamment engagé le dialogue avec les minorités, qui représentent un tiers de la population et dont beaucoup n'ont jamais pacifié leurs relations avec le pouvoir central depuis l'indépendance, en 1948. Le dossier est considéré comme l'un des plus importants pour l'avenir du pays et constitue l'une des revendications des Occidentaux pour la levée des sanctions.
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Des cessez-le-feu ont été signés avec plusieurs groupes rebelles. Mais les négociations avec les Kachin, minorité ethnique majoritairement chrétienne dans un pays bouddhiste, n'ont rien donné. Selon HRW, quarante-cinq mille personnes se sont réfugiées dans des zones sous contrôle kachin, près de la frontière chinoise. Environ dix mille ont traversé la frontière et vingt mille sont parties en zone gouvernementale.
Le groupe basé à New York accuse le pouvoir de bloquer l'aide humanitaire. Les agences onusiennes n'ont ainsi atteint la zone qu'une seule fois, au début du mois de décembre.