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Et si le vrai ministre des finances c'était lui, Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes ?
Un ancien élu socialiste devenu haut magistrat, grand contrôleur de la dépense publique, aboyeur de mauvaises nouvelles. Le seul en réalité qui s'autorise à dire la vérité toute crue et à prédire l'avenir sans fioriture.
Ce jeudi 13 septembre, on l'entend sur toutes les radios tirer la sonnette d'alarme sur les déficits. "Encore !", aura tendance à réagir l'auditeur auquel on sert presque quotidiennement des additions à plusieurs milliards d'euros avec le signe – devant.
Oui, encore ! Mais cette fois-ci, il ne s'agit pas du budget de l'Etat mais des comptes sociaux qui prennent l'eau eux aussi et dans d'alarmantes proportions : la Cour des comptes prévoit cette année près de 15 milliards d'euros de déficit pour le seul régime général de la sécurité sociale, bien répartis entre la maladie, la vieillesse et la famille.
Elle dit aussi que la dette sociale est en train de repartir au galop , alors que l'an dernier la Caisse d'amortissement de la dette sociale (CADES) avait pris à sa charge quelque 65 milliards d'euros de déficits cumulés. La sécurité sociale, ou le tonneau des Danaïdes.
Les chiffres frappent mais le plus important est ce qui suit. Il faut bien écouter l'ordonnance du Dr Migaud :
Quelle valeur prêter à cette parole ? A priori aucune ; Didier Migaud est un haut magistrat, pas un politique. Sauf qu'à force d'attendre, les politiques n'ont plus vraiment le choix.
En juillet, c'est Didier Migaud qui avait pronostiqué une hausse de la CSG alors que le gouvernement faisait encore la fine bouche.
Cette fois-ci , il prévient qu'il faudra aussi faire jouer la solidarité inter générationnelle, inciter les plus âgés à alléger le fardeau qui pèse sur les plus jeunes.
Le plus étonnant n'est pas que Didier Migaud le dise mais que le pouvoir politique peine à s'en charger.