Ce samedi 16 novembre est un jour de mobilisation pour les routiers. Plus de 2000 camions, selon le ministère de l'Intérieur – 4.000, selon les organisateurs – ont ainsi été dénombrés dans les cortèges roulant au pas dans toute la France. Ces derniers sont à l'origine de sérieux ralentissements autour des grandes villes, mais n'ont pas été émaillés de violences ni d'incidents.
Les participants ont répondu à un appel de l'Organisation des transporteurs routiers européens (Otre).
A Augny, près de Metz, une centaine de camions a envahi le parking jouxtant le siège de la société Ecomouv, une entreprise considérée par les opposants à l'Ecotaxe comme un "symbole".
Autour de Paris, au moins 230 camions – plus de 300, selon les organisateurs – ont atteint en début d'après-midi les abords d'un portique écotaxe à Rungis, ce dernier étant protégé par un dispositif de sécurité. Les manifestants ont déployé plusieurs banderoles dont l'une proclamant : "Sauvons les PME françaises : stop au dumping social".
Du fait de cette mobilisation, la circulation sur l'A86 a été bloquée samedi dans les deux sens.
En région, quelque 200 camions ont convergé samedi matin vers Toulouse, tandis que quelque 250 camions selon la police – plus de 300 selon les organisateurs – immatriculés dans les départements aquitains, se sont retrouvés au sud de Bordeaux pour avancer ensemble vers le portique écotaxe, bloquant l'autoroute A63.
Simultanément, plusieurs dizaines de camions partis de Solaize, commune au sud de Lyon le long de l'autoroute A7, ont avancé vers la ville.
Dans le Nord, une soixantaine de routiers ont roulé de Valenciennes vers Lille, avec l'intention de conduire une opération escargot jusqu'au portique écotaxe situé sur l'A1. Par conséquent, cet axe a dû fermer dans le sens Lille-Paris, à hauteur de l'échangeur de Seclin.
Les cortèges ont avancé dans le calme, au pas et klaxon bloqué parfois, créant des perturbations pour la circulation, mais la volonté était affichée de ne pas créer d'incidents.
"On est souriant, on va pas casser le portique, nous n'allons pas le toucher", a confié Christophe Pardo, président de l'antenne Rhône-Alpes de l'Otre.
L'Otre, qui représente les petites entreprises du secteur des transporteurs routiers, compte 3.000 adhérents qu'elle a mobilisés dans une quinzaine de régions. Les cortèges les plus importants étaient prévus en Ile-de-France, Aquitaine et Midi-Pyrénées.
Cette fédération réclame "l'annulation pure et simple du contrat Ecotaxe avec Ecomouv", société chargée de la gestion de la taxe notamment via l'installation des portiques.
Cette mobilisation nationale est intervenue alors que le transformateur électrique alimentant une borne écotaxe a pris feu dans la nuit de vendredi à samedi, sur l'autoroute A1 à hauteur de Loon-Plage, dans le Nord. L'origine de l'incendie n'est pas déterminée. Une enquête est en cours pour connaître les circonstances, accident ou dégradation volontaire.
