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Maurice Herzog, alpiniste et résistant, est mort à 93 ans

Maurice Herzog, alpiniste et résistant, est mort
à 93 ans
Créé le 14-12-2012 à 12h57 - Mis à jour à 15h27

Devenu une légende sportive après avoir conquis le sommet de l'Annapurna, il était ensuite entré en politique.

Maurice Herzog avait conquis l'Annapurna. (STF/AFP)

Maurice Herzog avait conquis l'Annapurna. (STF/AFP)

 

L'alpiniste et ancien ministre Maurice Herzog est mort jeudi soir à l'âge de 93 ans, annoncent ce vendredi 14 décembre "Le Dauphiné libéré" et "Paris Match". Légende sportive pour avoir conquis l'Annapurna en 1950, il fut aussi une figure de la Résistance pendant la Seconde guerre mondiale, puis du gaullisme de l'après-guerre.

Fort de l'ascension de ce sommet himalayen et diplômé d'HEC, Maurice Herzog avait gravi les échelons de l'administration : d'abord haut-commissaire, puis secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports, il devient député du Rhône en 1962, et maire de Chamonix en 1968. 

Maurice Herzog avait reçu la Grand-croix de la Légion d'honneur en 2011.

 

Légende 14/12/2012 à 13h33
L’alpiniste Maurice Herzog est mort : la légende et ses secrets
Zineb Dryef | Journaliste Rue89

 

Maurice Herzog est mort à l’âge de 93 ans. Légende de l’alpinisme, il atteignait le 3 juin 1950, le sommet de l’Annapurna (8 078 m, en Himalaya) avec Louis Lachenal. Ils étaient les premiers.

Cet exploit a eu un large retentissement en France ; les moins jeunes se souviennent de cette une de Match fêtant la victoire de Maurice Herzog.


La une de Paris Match sur Maurice Herzog, août 1950 

Accueilli en héros à son retour en France, il sera reçu à l’Elysée par Vincent Auriol.

Pieds et mains mutilés par le froid

Sur ces images, Maurice Herzog est à peine remis de ses blessures. Il a eu les mains et les pieds mutilés par le froid.

Maurice Herzog reçu au palais de l’Elysée par le président Auriol

Les Actualités françaises, 2 novembre 1950

Ses doigts gelés, Maurice Herzog en a parlé toute sa vie. Est-ce arrivé le jour de l’ascension, comme l’a raconté son compagnon de cordée Louis Lachenal ? Ou, comme l’a raconté Herzog, le surlendemain, « en fouillant la neige pour retrouver les chaussures de ses compagnons » ?

« C’est moi qui suis arrivé le premier »

D’autres mystères entourent la légende Herzog. A-t-il profité d’un succès collectif ? L’expédition comptait Herzog, Lachenal et sept autres personnes. Seul un récit officiel de l’aventure sera autorisé, il est signé Maurice Herzog.

Celui de Lachenal, publié quelques années après (une première version est contrôlée par Herzog, une seconde lève la censure), diffère sensiblement. Certains y voient la rancœur d’un homme qui n’aurait récupéré que les miettes de son exploit.

Une enquête de David Roberts réhabilite les trois guides (Lachenal, Rébuffat et Terray), oubliés par Herzog et déboulonne un peu la légende. Herzog répond alors :

« C’est moi qui suis arrivé le premier au sommet. Vous connaissez le second de Cousteau ? Celui d’Armstrong sur la Lune ? Celui de Tabarly ? »

« Un héros », le récit de sa fille Félicité

Erigé en modèle pour la jeunesse française – une stature renforcée par son passé dans la Résistance –, député et ministre de de Gaulle, Maurice Herzog est raconté par sa fille Félicité dans un très beau texte, « Un héros ». L’alpiniste, monstre froid et manipulateur, n’aurait pas atteint le sommet de l’Annapurna. Félicité écrit ce que beaucoup racontent dans le milieu depuis des décennies.

J’avais alors contacté Maurice Herzog pour savoir ce qu’il avait pensé du livre. Sa femme Sissi m’avait répondu qu’il n’était plus en état de répondre aux journalistes. Il était fatigué.

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