La France a dressé un "mur anti-immigrés" s'insurge l'Italie après que des dizaines de migrants ont été refoulés à la frontière.
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Des migrants patientent au bord de la mer à Vintimille, lundi 15 juin (JEAN-CHRISTOPHE MAGNENET / AFP)Suivi quotidien, flash d'actualités touchant l'économie,culture,environnement, société, politique,poésie, l'international.
Des migrants patientent au bord de la mer à Vintimille, lundi 15 juin (JEAN-CHRISTOPHE MAGNENET / AFP)<aside class="inside-art" id="js-article-inside-art"><section class="obs-article-brelated">
Ils sont à la "une" de tous les quotidiens et de tous les JT, les dizaines de migrants bloqués à Vintimille, à la frontière entre la France et l’Italie, d’abord sous un soleil cuisant puis sous une pluie battante. Et leurs photos sont accompagnées de commentaires qui ne cherchent à cacher ni la "déception", ni le "douloureux étonnement", ni la sensation diffuse d’une "trahison française".
Oui, la "trahison des cousins français". La raison ? Le véritable "mur anti-immigrés", comme l’écrit "La Repubblica", dressé entre Vintimille et Menton par les autorités françaises contre ceux qui essaient d’entrer dans l'Hexagone. Même s’ils n’entendent pas y résider, mais seulement y transiter avant d’aller rejoindre leurs familles en Hollande, en Suède, en Angleterre peut-être. Ces migrants qui proviennent en grande majorité de Libye, de Syrie, d'Erythrée sont éprouvés par la douloureuse traversée de la Méditerranée qu’ils viennent d’effectuer et, ayant dépensé l’essentiel de leurs ressources pour payer les passeurs, ils se retrouvent souvent sans un sou.
Les chiffres sont parlants : durant le week-end, 1.439 d’entre eux ont été arrêtés à Menton dont 1.097 ont été raccompagnés en Italie. D’où des titres sans équivoque dans la presse:
Le tout à la veille du déplacement officiel de François Hollande en Italie : le Président est attendu samedi à Milan pour visiter l’Expo et rencontrer Matteo Renzi. Ce dernier reprochera-t-il à son "camarade" français la "trahison des cousins transalpins" et leur "oukase" comme l'écrit "Il Fatto quotidiano", qui bloquent des candidats à l’expatriation qui n’ont trouvé rien de mieux, pour fuir la guerre et l’extermination, que de s’embarquer vers les cotes italiennes sur le premier rafiot venu ?
Les voilà voués au désespoir, enfermés malgré eux dans la Péninsule puisque les frontières sont verrouillées non seulement avec la France mais aussi avec l’Autriche tandis que celles avec l’Allemagne devraient être rouvertes aujourd'hui.
"Que l’Europe en tant que bureaucratie ne comprenne pas la nécessité d’ouvrir ses bras, comme le réclame le pape François, ne surprendra personne", dit Jasmina, 28 ans, une volontaire qui s’emploie à distribuer des biscuits et du lait à la Gare Tiburtina à Rome, où campent environ 200 migrants.
Jasmina résume à la perfection le sentiment du citoyen moyen.
L’Italie, qui a accueilli 57.000 migrants depuis le début de l’année (10% de plus que l’année dernière) et qui s’apprête à affronter un été chaud (on parle de 200 à 500.000 candidats à l’expatriation depuis les cotes du Maghreb), l’Italie donc, par-delà l’amertume pour l'"hostilité des cousins français", se trouve aujourd'hui divisée en deux camps :
On pouvait voir dimanche à la gare Tiburtina de Rome des dizaines d’Erythréens en attente d’un train ou d’un bus pour l’Europe du Nord, entassés sur le terre-plein du terminal des autobus, qui étaient assistés non seulement par des organisations charitables mais par de simples citoyens venus leur apporter des pâtes et des confitures, en plus du lait et des biscuits (car il y a beaucoup d’enfants parmi les migrants et même des "mineurs non accompagnés"). "C’est la gare des miracles", a commenté un journaliste du "Messaggero".

(Un enfant à la gare Tiburtina de Rome, dimanche 14 juin - FILIPPO MONTEFORTE / AFP)
Si les négociations avec "l’Europe" devaient échouer et qu’aucun accord ne se profile à l’horizon pour la définition de quotas de migrants à répartir entre les différents pays européens, Matteo Renzi dit avoir un "plan B" :
C’est de tout cela qu’il parlera samedi avec le Président français.
Marcelle Padovani, correspondante de "l'Obs" à Rome