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Après des mois de tensions et des semaines d’âpres négociations, un accord était en passe d’être signé mardi 18 juin entre le pouvoir malien et les rebelles touareg qui contrôlent Kidal, dans le nord du Mali.
"Je suis en mesure de vous dire que l'accord intérimaire sera (...) signé dans l'après-midi", a annoncé à Tiébilé Dramé, l'émissaire principal de Bamako.
Ce compromis marquera l'épilogue des difficiles discussions lancées le 8 juin par le Burkina Faso, pays médiateur, pour permettre un retour au calme dans la région de Kidal, dans la perspective de l'élection présidentielle du mois prochain.
Le chef de la diplomatie burkinabè Djibrill Bassolé a mené mardi matin d'ultimes concertations avec les deux camps pour finaliser le document.
L'élection présidentielle du 28 juillet est jugée cruciale par la communauté internationale pour aider le Mali à sortir de la plus grave crise de son histoire, ouverte au printemps 2012 lorsque des islamistes armés ont pris le contrôle du nord du pays. Ces derniers, un temps alliés au MNLA, ont été délogés début 2013 par une intervention militaire française.
Depuis le début, les négociations ont surtout buté sur les exigences de Bamako concernant le calendrier et les modalités du retour des soldats maliens à Kidal ainsi que du cantonnement et du désarmement des combattants touareg.
Épineux désarmement
Bamako exigeait ces derniers jours que les rebelles soient désarmés sitôt l'armée malienne revenue à Kidal. "Pas faisable techniquement", ont répliqué la médiation et ses partenaires, faisant valoir qu'un désarmement est une œuvre de longue haleine qui doit s'inscrire dans un processus "DDR" (démobilisation, désarmement, réinsertion).
Les éléments des groupes touareg devraient donc dans un premier temps être simplement cantonnés sur les lieux de regroupement choisis. Et ils resteraient en possession de leurs armes.
Dans tous les cas, l'armée malienne ne reviendra pas seule à Kidal, berceau des rébellions touareg. Elle se redéploiera "en tandem" avec la future Mission des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), selon Tiébilé Dramé.
Commandée par le général rwandais Jean-Bosco Kazura, la Minusma doit se déployer au Mali à partir du 1er juillet et absorber la force africaine déjà sur place (Misma).
La présence des forces internationales à Kidal, où des soldats français sont basés à l'aéroport depuis plusieurs mois, est vue comme une manière de limiter le risque de confrontation entre les belligérants d'hier, alors que l'armée malienne comme les rebelles ont été accusés de nombreuses exactions.
Avec dépêches