Interviewé par Gilles Bouleau et David Pujadas, François Hollande se devait d’annoncer aux Français, un premier succès concret de ce pacte de responsabilité avec lequel il mise 40 milliards d’euros de baisse de charges en faveur des entreprises. Le président de la République s’est donc saisi des engagements pris par l’UIC, l’Union nationale de la chimie (secteur comptant plus de 158 000 actifs) envers les partenaires sociaux : embaucher 45 000 salariés sur trois ans. Est-ce de « la poudre aux yeux » comme le dénonce Carlos Moreira, secrétaire national CGT de la FNIC ?
La déclaration élyséenne doit être, pour le moins, affinée. Sans pacte de responsabilité, la chimie (dont l’activité est en croissance et compte 15% de personnels âgés de plus de 55 ans) créait déjà en 2013, 8 700 emplois. Si l’on raisonne en net, le fameux pacte ne permettra donc de créer que 6 300 postes supplémentaires par an, jusqu’en 2018. En échange, sur la seule année 2015, l’UIC a indiqué aux syndicats que ses charges baisseraient de 300 millions d’euros (655 millions jusqu’en 2020).
Résultat de cette addition ? Elle s'avère plutôt salée puisque le pacte dans la chimie reviendra à donner un coup de pouce de 50 000 euros par an aux recruteurs qui embaucheront réellement un peu plus. « Or, dans nos métiers, la majorité des embauches se font en CDD », s’alarme Carlos Moreira qui redoute que les employeurs se contentent de jouer sur la durée des missions qu’ils proposent pour satisfaire les engagements pris vis-à-vis de l'Etat. Le pire n’étant jamais sûr, notre conclusion provisoire sera : affaire à suivre… de très près !