Suivi quotidien, flash d'actualités touchant l'économie,culture,environnement, société, politique,poésie, l'international.
Comment aider les entreprises françaises qui exportent en Grèce ? La question taraudait depuis plusieurs mois les services de Bercy et prenait d'autant plus d'importance que les discussions entre Athènes et la troïka des créancierstraînaient en longueur et enchaînait les rebondissement. Alors que désormais la voie semble un peu plus dégagée, une solution vient tout juste d'être mise en place dans le cadre de la politique d'assurance crédit publique que gère Coface pour le compte de l'Etat.
L'assureur crédit et les pouvoirs publics on en effet signé en début de semaine un accord pour la mise en place d'une nouvelle offre d'assurance-crédit court terme destinée aux entreprises françaises qui veulent exporter en Grèce. Ce dispositif, qui a vocation à être temporaire est officialisé ce mercredi par Coface. Pour que les exportateurs français ne soient pas pénalisés, « l'Etat français a décidé de mettre en place un dispositif public temporaire d'assurance-crédit à court terme sur la Grèce, avec un plafond total de garantie de 200 millions d'euros. »
Comme pour toutes les autres garanties publiques gérées par Coface, les risques seront pris pour le compte de l'Etat « qui recevra les primes et indemnisera le cas échéant les créances non réglées par les débiteurs grecs » C'est l'assureur-crédit français qui sera chargée d'évaluer le risque (en fonction de la capacité de chaque acheteur grec, pour lequel une couverture sera demandée, à respecter ses engagements financiers), de délivrer la police pour le compte de l'Etat et le cas échéant de gérer l'indemnisation et les récupérations.
Il est vrai que la situation est sur place particulièrement tendue. Le mois dernier, Coface s'en était alarmé et avait pointé du doigt plusieurs phénomènes « alarmants » : une augmentation brutale et rapide des impayés de la part des acheteurs grecs, la révision de son modèle de notation par l'ICAP, première société d'information du pays (entraînant une baisse de 2 à 3 crans des scores actuels) et enfin et sans surprise « très forte récession » à venir.
Avec ce dispositif, s'engouffre, comme ses principaux partenaires commerciaux, dans la voie ouverte par la Commission européenne. Celle-ci a en effet autorisé les Etats membres à utiliser leurs systèmes de garanties publiques pour couvrir les credits-export à court terme octroyés aux acheteurs grecs.
Concrètement, ce nouvel outil sera accessible aux exportateurs français dont le chiffre d'affaires annuel est inférieur à 1,5 milliard d'euros. Les exportations garanties devront comporter une part française d'au moins 40% et durer moins de deux ans. La prime, calculée en base annuelle sera de 6,5 % ce qui reste un niveau classique pour les produits de garantie de l'Etat. Et en cas de sinistre, les créances commerciales seront indemnisées à hauteur de 80%.
En 2011, selon les les données disponibles auprès des Douane, un peu plus de 10.000 entreprises françaises exportaient à destination de la Grèce (pour environ 2,5 milliards d'euros.) Dans le même temps un peu plus de 3.000 sociétés françaises importaient des produyits de Grèce pour un montant nettement moins important.