PARIS (AFP) - La direction et les administrateurs judiciaires ont, mercredi, rejeté "en l'état" les cinq offres de reprises de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, déposées la veille, au moment même où le gouvernement reconnaissait qu'elles avaient besoin d'être "finalisées".
Réunis devant le Comité d'entreprise, la direction et les administrateurs se sont félicités des offres de reprises déposées mardi par le suisse Terrae, l'égyptien Arabiyya Lel Istithmaraat International, la société lybienne Murzuk Oil, la chypriote FJ Energy Group et la française Damanapol.
Ils ont précisé que NetOil, société panaméenne, avait confirmé son offre précédente, qui avait déjà été rejetée par le Tribunal.
Toutefois, ont-ils expliqué dans un communiqué, elles ne sont pas "recevables en l'état" par le Tribunal de Commerce.
"Aucun des dossiers déposés ne constitue une offre susceptible d'être présentée au Tribunal dans l'objectif d'un plan de cession", ajoutent-ils expliquant qu'il leur manquait "un engagement ferme, formalisé dans une offre structurée, des preuves de financement et un plan d'investissement et de développement, qui permettent la poursuite de l'activité et la préservation" des 470 emplois de l'usine de Seine-Maritine.
En conséquence, ils ont annoncé leur intention d'engager les procédures préalables à un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) du site.
Parallèlement, le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, qui avait annoncé mardi ces cinq offres, reconnaissait qu'elles avaient besoin "d'être finalisées" et que le Parquet avait demandé un report de l'audience du tribunal de commerce de Rouen consacrée à leur examen.
Dans l'entourage du ministre du Redressement productif, on affirme que le fait que ces offres n'aient pas été considérées par les administrateurs recevables est "absolument normal" dans la mesure où elles sont conditionnées à l'octroi d'un délai supplémentaire pour les finaliser.
Le gouvernement souhaite donc que ces repreneurs aient le temps de "finaliser leurs offres", ce qui devrait être fait d'ici "3 à 4 semaines".
Arnaud Montebourg recevra demain (vendredi) l'un de ses repreneurs, précise-t-on également.
Selon une autre source proche du dossier, "les cinq offres proposées sont plutôt des +manifestations d'intérêt+".
Petroplus elle-même assure rester "pendant les prochaines semaines à la disposition des candidats pour leur communiquer toute information de nature à les aider à bâtir une offre ferme et remplissant les conditions exigées par le Code de Commerce".
"Si des offres devaient être finalisées, elles seront à déposer directement au tribunal de Commerce", précise-t-elle.
Deux des cinq offres ont été jugées "sérieuses" par le gouvernement, celle du Suisse Terrae, et celle de l'égyptien Arabiyya Lel Istithmaraat.
