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Publiées ce vendredi en plein débat parlementaire sur le projet de loi de Finances, les nouvelles prévisions économiques de l'OFCE renforceront les craintes de ceux pour qui l'objectif d'un déficit à 3 % de PIB en 2013 n'est pas tenable sauf au prix d'une nouvelle récession. « L'obstination des gouvernements à réduire le déficit débouche sur une spirale de rigueur et de récession », prévient l'Observatoire français des conjonctures économiques, dans son étude. « Il s'agit de regarder les faits, cela n'a rien d'idéologique », insiste son président Philippe Weil.
Sous l'effet des politiques d'austérités généralisées, la zone euro retomberait en récession, son PIB reculant de 0,5 % cette année puis de 0,1% l'an prochain, selon l'OFCE, faisant s'envoler le chômage vers un nouveau record. L'Espagne, l'Italie, la Grèce et le Portugal s'enfonceraient lourdement dans la crise tandis que la France ne serait pas épargnée, avec une croissance nulle en 2013, débouchant sur de nouvelles destructions d'emplois marchands (166.000) et un taux de chômage qui culminerait à 11 % en métropole en fin d'année (contre 9,7 % aujourd'hui). Un scénario plus pessimiste que le consensus des économistes (+0,3 % de croissance), et éloigné de celui de Bercy (+0,8 %).
Pour l'OFCE, le gouvernement sous-estime l'impact récessif de la consolidation budgétaire. Du coup, le gain attendu de l'effort de quelque 36 milliards d'euros déjà programmé sera en partie rogné par un manque à gagner du côté des recettes fiscales résultant de l'absence de croissance. Ce qui fait qu'au final, le déficit ne sera pas ramené à 3 % mais à 3,5 % de PIB.
« Si le gouvernement tenait coûte que coûte à respecter son engagement de déficit à 3 %, cela nécessiterait l'adoption d'un nouveau plan de restriction de 22 milliards d'euros », calcule l'OFCE. Dans ce cas, le PIB ne se contenterait plus de stagner mais reculerait de 1,2 % l'an prochain, amplifiant les destructions d'emplois (361.000) et l'envolée du chômage (11,7 %).
Un scénario noir ? L'OFCE en a un troisième, bien pire : celui où non seulement la France s' arc-bouterait sur son objectif de 3 % mais où ses voisins européens en feraient autant. L'ampleur de la récession serait alors inédite (-4,6 % en France).
Autant dire que l'OFCE ne croit pas que la France et ses voisins s'enferment dans cette stratégie. « La débâcle de cette politique brutale et massive nous oblige à considérer une autre voie », poursuit Xavier Timbeau. Et de plaider pour une austérité « bien tempérée », passant par une re-négociation des objectifs au niveau européen et la réduction de 0,5 point du déficit structurel (hors effet de la conjoncture) par an, jusqu'à atteindre l'objectif d'un déficit structurel de 0,5 % maximum, fixé dans le nouveau pacte européen. Un pacte que vient justement d'adopter le Parlement.
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