Quatre candidats, deux Français, un Espagnol et un Allemand, sont intéressés par une reprise d’Heuliez SAS, qui emploie 283 personnes à Cerizay (Deux-Sèvres), a annoncé mardi la direction, alors que l’équipementier automobile est en redressement judiciaire depuis le 11 avril.
Par ailleurs, l’entrepreneur qui s’est fait connaître la semaine dernière pour reprendre la société fabriquant la voiture Mia Electric - dont l’activité et celle d’Heuliez SAS cohabitaient jusqu’en 2010 à Cerizay, au sein d’Heuliez - est «une Franco-Coréenne qui a une société en Allemagne», a indiqué à l’AFP une source proche du dossier, confirmant une information du Monde.
La direction de Heuliez SAS n’a pas souhaité donner les noms des repreneurs potentiels, qui ont déposé leur dossier auprès de l’administrateur judiciaire. Selon une autre source proche du dossier, cependant, il s’agit, pour les Français, d’un ingénieur automobile et ingénieur carrossier et de son fils, Christian et Camille de Léotard, et de la société Groupe Mécanique Découpage (GMD), une entreprise stéphanoise dont le PDG, Alain Martineau, est une des belles fortunes françaises.
Le candidat espagnol est le groupe Grupo Cosmos XXI et l’Allemand est le consultant financier Matthias Bittner, spécialiste de l’industrie automobile, qui siège à plusieurs conseils d’administration d’entreprises de ce secteur et qui s’était illustré dans le sauvetage d’Opel en 2009.
«Les marques d’intérêt s’appuient, pour certaines, sur la stratégie très spécifique initiée par Heuliez SAS depuis 3 ans sur la fabrication de pièces de rechanges originales de carrosserie, basée sur un savoir-faire unique et un équipement complet permettant une fabrication toute intégrée», précise le communiqué de la direction. Elle observe que «cette stratégie a rencontré un écho favorable auprès d’un grand constructeur allemand (Volkswagen, ndlr), qui a, avec l’entreprise et depuis septembre 2011, réalisé plus de 80% des démarches pour aboutir aux premières fabrications».
Heuliez SAS espère que ces démarches aboutiront à un contrat qui apporterait entre 20 et 30 millions d’euros annuels de chiffre d’affaires à partir de 2014. Quant à l’entrepreneuse franco-coréenne qui, dans l’usine voisine Mia Electric, s’est manifestée pour reprendre le petit constructeur automobile, elle s’est dite prête à garder les 210 employés de l’usine, selon la source proche du dossier. Elle a obtenu le soutien du conseil de surveillance réuni le 5 juin et, lundi, celui du comité d’entreprise, a-t-on précisé. Interrogée, la direction de Mia Electric n’a pas démenti ces informations, mais précisé que la signature n’était pas encore effective.
Ségolène Royal, présidente PS du conseil régional de Poitou-Charentes, actionnaire à 11,88% de Mia Electric (l’industriel allemand Edwin Kohl, qui l’avait reprise en 2010, possède le reste via deux sociétés), s’est dite auprès de l’AFP «très satisfaite» de l’arrivée de cette candidate.
«Malgré les rebondissements et les péripéties, il faut tenir bon et accompagner cette reprise pour qu’elle réussisse», a ajouté Ségolène Royal. «Je continuerai à me battre jusqu’au bout» sur ce dossier, a-t-elle assuré. Elle a noté que la société fait «un très beau produit, qui souffre actuellement de son prix et dont la production doit absolument monter en puissance» et a déploré l’absence de «politique nationale de déploiement de la voiture électrique» en France.
En 2012, Mia Electric s’est classée en cinquième position en France, avec 337 véhicules vendus sur un marché de 5 663 unités. Pour 2013, le fabricant peut compter sur les commandes de la centrale d’achat public UGAP, qui a annoncé l’achat sur trois ans de 500 Mia quatre places.
