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Publié le 06.03.2013, 17h44 | Mise à jour : 19h07lien

Un supermétro automatique bouclé en 2030. Le Grand Paris Express (GPE), ses 200 km et ses 72 gares, se fera «intégralement» pour 2030, a promis le Premier ministre, dans un discours d'une demi-heure devant un aréopage de ministres, d'élus et de décideurs économiques, réunis pour l'occasion en grande banlieue, à l'université de Marne-la-Vallée.
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Le gouvernement socialiste a donc repris le projet de Nicolas Sarkozy, l'a retravaillé en y intégrant sa propre vision : soulager rapidement les Franciliens dans leurs transports quotidiens, une idée portée conjointement par la ministre en charge, l'écologiste Cécile Duflot, et le président PS de la Région, Jean-Paul Huchon.
Toutes les lignes lancées en même temps. Ce nouvel ensemble, comprenant le futur GPE et le plan de mobilisation pour améliorer et prolonger l'existant, a été baptisé le «Nouveau Grand Paris». «Les lignes seront lancées en parallèle, les tronçons s'enchaînant», a précisé le Premier ministre, pour ne pas donner l'impression d'avoir des territoires servis avant les autres.
Des tronçons numérotés comme le métro. Symboliquement, pour faire sortir Paris de son périphérique, les nouvelles lignes recevront des appellations dans la lignée du métro de la capitale : la rocade la plus proche de Paris va devenir la ligne 15, l'arc le plus à l'est la 16, la ligne du Bourget à Charles-de-Gaulle la 17 et celle du plateau de Saclay la 18.
Le budget ramené à 27 Mds€. Le «Nouveau Grand Paris» est «d'une ambition sans précédent et il est financé», s'est enorgueilli Jean-Marc Ayrault, car c'est là que le bât blessait. Le rapport Auzannet de décembre dernier avait provoqué un psychodrame en annonçant une sous-estimation d'environ 10 Mds€, portant la note à près de 30 Mds€. De nombreux élus s'étaient alors mobilisés, craignant de voir leur tronçon sacrifié.
Finalement, tout le tracé sera réalisé mais avec des capacités différenciées (longueur des rames, quais, largeur des trains, etc.), adaptées aux prévisions d'augmentation de trafic selon les portions. Ce travail d'affinage a permis d'économiser 3 Mds€ sur la note finale, revue donc à 27 Mds€.
2 Mds€ débloqués pour les tramways. Parallèlement, des travaux de prolongations et de création de tramways pour étoffer les liaisons de banlieue à banlieue sont estimés à 7,3 Mds€ d'ici à 2017 : 4 Mds€ étaient prévus, Jean-Marc Ayrault a annoncé qu'il débloquait 2 Mds€, issus des caisses de la Société du Grand Paris. La SGP, désormais maître d'ouvrage de l'ensemble du Grand Paris Express, n'a en effet pas besoin tout de suite de toutes ses provisions, étant au stade des enquêtes et études et pas encore à celui des travaux.
La taxe bureaux versée au Grand Paris. Pour assurer le financement à long terme, le gouvernement a opté pour la simplicité : l'intégralité de la très dynamique taxe locale sur les bureaux sera versée à la SGP, lui permettant avec plus de 600 M€ de rentrées par an de lever un emprunt conséquent, et dont la durée pourrait être allongée de 35 à 40-45 ans.
Pas de nouvel impôt. Aucune nouvelle taxe n'est à l'ordre du jour, ce qui devrait rassurer et le Medef et la droite. En revanche, après 2020, une fois que de nombreux tronçons seront entrés en service, le gouvernement estime qu'il faudra un nouveau prélèvement pour augmenter de 150 M€ par an les recettes de la SGP.
150 000 emplois en perspective. Dans son discours, le Premier ministre a pris soin de rappeler l'importance de l'Ile-de-France au sein de l'économie française, où elle pèse 30% du PIB. «Un Grand Paris qui se développe, ce n'est pas Paris contre la province, c'est toute la France qui se porte mieux», a affirmé Jean-Marc Ayrault. Avec 150 000 emplois directs et indirects générés par ce projet de transport, le «Nouveau Grand Paris» doit tirer la croissance.
Paris au centre du dispositif. Le Premier ministre a aussi abordé la gouvernance institutionnelle. Le projet de loi sur la décentralisation, qui sera présenté en Conseil des ministres le 10 avril, fait la part belle à la vision du maire (PS) de Paris Bertrand Delanoë et a suscité une levée de boucliers des élus régionaux de tous les bords politiques lors de sa révélation lundi. Jean-Marc Ayrault a donc tenté de réconforter Jean-Paul Huchon, le président (PS) du conseil régional d'Ile-de-France, et assuré que le gouvernement «examinerait» les amendements qui lui seraient soumis lors du débat parlementaire à venir.

LeParisien.fr