"La Syrie, c'est la tragédie la plus grave depuis le début du XXIe siècle." François Hollande, qui ne s'est pas exprimé à la télévision depuis le 14 juillet, est l'invité dimanche du 20 heures de TF1 pour parler de la crise syrienne au lendemain de l'accord américano-russe, mais aussi des grands dossiers de politique intérieure : emploi, fiscalité, retraites. Le président de la République répond pendant une demi-heure environ aux questions de Claire Chazal, depuis l'Hôtel Marigny, une dépendance de l'Elysée.
"Une réaction était nécessaire. S’il n’y avait pas eu de réaction internationale, le massacre aurait pu continuer.", lance d'emblée François Hollande, après avoir rappelé le massacre chimique du 21 août. "La menace de sanction n'est plus portée par des pays mais pourrait l'être par le Conseil de sécurité de l'ONU", se félicite ensuite François Hollande, au sujet de l'accord conclu par Washington et Moscou. "Demain, je vais recevoir les ministres Kerry et Hague avec Laurent Fabius : nous allons mettre en forme la prochaine résolution du conseil de sécurité qui va prendre l'accord et le traduire", assure le président de la République.
L'accord américano-russe est "une étape importante mais ce n'est pas le point d'arrivée", estime toutefois François Hollande. "Il faut prévoir la possibilité de sanctions en cas de non-application de l'accord", précise-t-il.
"La prochaine étape doit être de trouver une solution politique à la crise syrienne", selon le chef de l'Etat, qui souhaite que les successeurs de Bachar Al-Assad "soient des démocrates", qualifiant le régime syrien et les djihadistes de "massacreurs".
"Il reste deux mois pour faire baisser le chômage et je rendrai des comptes", assure François Hollande, interrogé sur l'inversion de la courbe du chômage qu'il a promise. "On est tout prêt du but. Nous avons donné de la compétitivité, nous avons mis de l’emploi. Nous avons dû faire des efforts pour réduire les déficits et nous avons atteint une bonne part du chemin", affirme le président de la République.
"Le 14 juillet, j'avais annoncé la reprise. On a souri. Sauf que la croissance commence à redémarrer", estime par ailleurs François Hollande.
Interrogé sur la fiscalité, le président de la République explique : "En 2014, nous aurions pu continuer à augmenter les impôts. J'ai décidé de faire d'abord des économies. Tous les budgets des ministères ont été réduits de 2%, sauf pour l'Education, l'Emploi et la Sécurité. Les dépenses de l'Etat vont baisser en 2014, pour la première fois depuis trente ans."
"Pour 2014, le barème de l'impôt sur le revenu va être réindexé par rapport aux coût de la vie", rappelle François Hollande. Concernant les taxes qui avait été évoquées dans la presse, concernant les sodas, l'aspartame et les cigarettes électroniques, il assure qu'"aucune taxe nouvelle" ne sera introduite.
