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La Corée du Nord a rejeté mardi 17 avril la condamnation de l'ONU sur le récent lancement manqué d'une fusée, et affirmé qu'elle poursuivrait dans cette voie afin de placer sur orbite un satellite, selon l'agence officielle nord-coréenne KNCA. La Corée du Nord rejette "résolument" la décision du Conseil de sécurité et considère qu'elle "foule aux pieds le droit légal du pays à lancer un satellite", a déclaré le ministre des affaires étrangères nord-coréen dans un communiqué.
Malgré l'explosion du lanceur deux minutes après son décollage, le tir de la fusée nord-coréenne Unha-3 a été dénoncé non seulement par les Etats-Unis, mais aussi par le Conseil de sécurité de l'ONU, qui a alourdi les sanctions à l'égard du régime de Pyongyang. La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a affirmé lundi que la Chine, un des alliés de Pyongyang, soutiendrait "d'autres conséquences" pour le pays en cas de nouvelle provocation.
Lire l'entretien : "Corée du Nord : 'L'échec du tir fragilise le régime sur la scène internationale'"
Pour Washington et ses alliés, ce lancement a constitué un essai déguisé de tir de missile à longue portée. Selon la Corée du Nord, il s'agissait de placer en orbite un satellite d'observation terrestre civil. Il s'agit de la troisième tentative ratée de mise en orbite d'un satellite par la Corée du Nord, après deux échecs en 1998 et en 2006.
REFUS D'UNE VISITE DES INSPECTEURS DE L'AIEA
Pyongyang a par ailleurs fait savoir qu'elle n'acceptera pas la venue d'inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour vérifier son programme d'enrichissement d'uranium, selon des médias japonais citant, mardi, des sources diplomatiques.
Le 29 février, les dirigeants nord-coréens s'étaient montrés favorables sur le principe à un retour des inspecteurs de l'AIEA dans le pays, dans le cadre d'un accord avec les Etats-Unis prévoyant une aide alimentaire américaine de 240 000 tonnes, en échange d'un moratoire sur les lancements de missiles à longue portée, les essais nucléaires et les activités d'enrichissement d'uranium menées dans son usine de Yongbyon.
Lire le compte rendu : "Washington condamne une 'provocation' nord-coréenne" (lien abonnés)
Mais la suspension de l'aide alimentaire américaine en raison du lancement d'une fusée à longue portée par la Corée du Nord, vendredi 13 avril, rend cet accord caduc pour Pyongyang, rapportent le quotidien Yomiuri Shimbun et l'agence de presse Kyodo.
RISQUE D'UN TROISIÈME ESSAI NUCLÉAIRE
S'estimant désormais libérée de ses engagements, la Corée du Nord pourrait procéder bientôt à un troisième essai nucléaire, après ceux de 2006 et de 2009, qui avaient déjà suivi des lancements de fusée ou de missile à longue portée, redoutent ces sources diplomatiques.
Ce nouvel emballement intervient alors que l'accord du 29 février avait laissé planer l'espoir d'une prochaine reprise des négociations à six - les deux Corées, les Etats-Unis, la Chine, le Japon et la Russie - sur l'abandon du programme nucléaire nord-coréen, négociations au point mort depuis décembre 2008.