Le désarroi de la famille. «J’ai vu son sang qui coule, j’ai vu son petit sourire», a confié l'épouse de la victime, Basma Belaïd, sur Europe 1.«Ils veulent tuer la démocratie. On reçoit tous les jours, sans cesse, depuis longtemps des menaces. Donc, quand il bouge, on essaie qu’il y ait au moins une personne avec lui», a-t-elle expliqué. «J'accuse directement, clairement, l'équipe qui gouverne. Tout le pays le sait. On avait alerté à plusieurs reprises le ministre de l'Intérieur. Quelques mosquées demandaient clairement sa mort», a dit la femme de Chokri Belaïd.
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Figure de l’opposition tunisienne, Chokri... par BFMTV
«Mon frère a été assassiné, je suis plus que désespéré et déprimé», a indiqué à l'AFP Abdelmajid Belaïd. Selon l'épouse de l'opposant, s'exprimant sur la radio Mosaïque, il a été touché par deux balles alors qu'il sortait de chez lui et est décédé de ses blessures lors de son transfert à l'hôpital. Son frère a immédiatement accusé le parti islamiste Ennahda, qui dirige le gouvernement tunisien, d'être responsable du meurtre. «J'emmerde tout le mouvement Ennahda et j'accuse (son chef) Rached Ghannouchi d'avoir fait assassiner mon frère», a-t-il déclaré, sans plus d'explication. Chokri Belaïd, figure de l'opposition de gauche et critique acerbe du gouvernement actuel, avait rejoint une coalition de partis, le Front populaire, qui se pose en alternative au pouvoir en place. Plusieurs partis d'opposition et des syndicalistes ont accusé des milices pro-islamistes d'orchestrer des heurts ou des attaques contre les opposants ou leurs bureaux.
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Le gouvernement et le parti islamiste Ennahda réagissent dans l'urgence. Le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali, du parti islamiste Ennahda, a dénoncé sur la radio Mosaïque FM « un acte criminel et acte de terrorisme» contre toute la Tunisie. Il a promis de tout faire pour que le tueur soit arrêté rapidement. Le président tunisien Moncef Marzouki a annulé sa participation au sommet de l'Organisation de la coopération islamique au Caire pour rentrer d'urgence à Tunis. Il a dénoncé l'«odieux assassinat» d'un opposant. Le chef d'Ennahda, le parti islamiste au pouvoir en Tunisie, Rached Ghannouchi a dénoncé mercredi le meurtre d'un opposant tunisien, estimant que les tueurs voulaient «un bain de sang mais ils ne vont pas réussir». «Les bénéficiaires (du crime) sont les ennemis de la révolution, les ennemis de la stabilité, les ennemis d'Ennahda, et les ennemis du gouvernement», a-t-il martelé.
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Les Tunisiens retournent dans la rue. En milieu d'après-midi, une foule en colère a accompagné l'ambulance transportant le corps de l'opposant s'arrêtant symboliquement devant le ministère de l'Intérieur, au centre de Tunis. «Le peuple veut la chute du régime !» ont scandé les milliers de manifestants. Des slogans contre le parti islamiste Ennahda, qui dirige le gouvernement tunisien, ont ainsi été lancés sur l'avenue Habib Bourguiba, haut lieu de la révolte de 2011.
Plusieurs dizaines de manifestants ont pris d'assaut les locaux d'Ennahda à Mezzouna, à 75 km au sud-est de Sidi-Bouzid, avant de l'incendier. A Gafsa, dans le bassin minier tunisien, des dizaines de personnes ont pénétré dans les bâtiments du parti au pouvoir, y brisant les meubles et arrachant les banderoles du mouvement. Quelque 700 personnes manifestaient pacifiquement dans cette même ville. A Sfax aussi, les locaux d'Ennahda ont été saccagés. A Kasserine, Béja et Bizerte, des foules crient «vengeance, vengeance».
La gauche française condamne l'assassinat. A commencer par le président François Hollande, qui a condamné ce mercredi «avec la plus grande fermeté» l'assassinat de Chokri Belaïd. Le chef de l'Etat a fait part de la «préoccupation» de Paris face à «la montée des violences politiques» dans ce pays. Dans un communiqué, le Parti socialiste a pour sa part constaté «avec inquiétude que la sécurité en Tunisie ne s’améliore pas, et il regrette les intimidations récurrentes ainsi que la tension persistante entre les différentes forces politiques», tandis qu'EELV disait son «indignation» suite au décès de la figure de l'opposition. Pour le PCF, «c'est la «révolution» tunisienne qui est directement visée. Ce sont les aspirations populaires, l'espoir d'un vrai changement qui sont attaqués».
«Après la mort, en septembre, d'un militant du parti Nida Tounes, ou l'attaque, en décembre, du siège de l'Union générale tunisienne du travail, cet assassinat marque le franchissement d'un nouveau seuil dans l'usage de la violence politique en Tunisie», déplore Bertrand Delanoë, le maire PS de Paris, dans un communiqué.
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