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Modifié le 01-02-2013 à 09h26 lien
Temps de lecture : 4 minutesÉdité par Louise Pothier

François Fillon dans les studios de TF1 à Boulogne-Billancourt le 21 novembre 2012 (PLATIAU/SIPA)
François Fillon est en mode minimum. Le rival de Jean-François Copé traverse la séquence du mariage pour tous en faisant juste ce qu'il faut pour satisfaire ses amis et montrer qu'il est toujours là, aux aguets, à ses ennemis.
En réalité, il poursuit sa cure de discrétion, prend de la hauteur, semble abandonner ses ambitions municipales à Paris pour se consacrer à son objectif, 2017, sans oublier quand même de régler ses comptes avec Rachida Dati.
Discret, il colle aux basques de Copé
Un homme politique, quand il est en mode veille, continue quand même de fonctionner comme une machine de guerre, certes en silence, certes au ralenti, mais tous les rouages fonctionnent et ont leur particularité propre. Ainsi François Fillon, avec ses allures bon enfant, son côté "Hollande de droite", son côté dormeur, est-il une redoutable mécanique à tuer ses adversaires.
Jean-François Copé, qui vient de partager avec lui quelques minutes de temps de parole à l'Assemblée nationale, peut certes se vanter d'avoir été le plus repris des deux par les médias pour sa prestation spectaculaire et mensongère contre la circulaire Taubira quand François Fillon a fait le strict minimum, mais il aurait tort de se réjouir trop vite. Son adversaire lui colle aux basques et a défini ses priorités.
Officiellement, Fillon lui laisse le rôle de premier opposant puisque, pour l'instant, c'est Copé le président de l'UMP et il le regarde se démultiplier dans les médias en s'efforçant de retrouver du crédit après la séquence mortifère de leur guerre à l'UMP. Mais il n'en a pas fini avec son rival, loin de là.
Il renoncerait à la mairie de Paris
Mercredi 29 janvier, devant 150 parlementaires du parti (députés, sénateurs et députés européens), le député de Paris a réuni ses fidèles. Il leur a dit, à propos de son éventuelle candidature à la mairie de Paris en 2014 : "Je n'ai rien décidé encore. Aussi, je vous demande de cesser d'écouter les rumeurs." Des rumeurs qui prétendent qu'il aurait renoncé pour mieux se consacrer à son objectif: mettre la main sur l'UMP
Pour autant, "le Point" n'hésite pas à évoquer un "plan secret" et à écrire : "Selon nos informations, le député de Paris ne sera pas candidat à la succession du socialiste Bertrand Delanoë en mars 2014, mais il sera très impliqué dans la bataille."
Et d'expliquer que François Fillon déjeune ce midi avec... Nathalie Kosciusko-Morizet qui ne cache plus ses ambitions d'être candidate à la primaire de l'UMP pour l'investiture du parti aux municipales parisiennes.
Il ne manque plus qu'une confirmation que cela ne l'intéresse plus de la part de celui qu'on annonçait à tort comme candidat face à Anne Hidalgo et... Rachida Dati pour que NKM officialise ses ambitions. Cela devrait être fait dans les jours qui viennent, à condition que tous deux trouvent un accord. Par exemple, l'abandon par la jeune femme de toute prétention pour la présidence de l'UMP ?
Dati le harcèle depuis deux ans
Fillon va laisser le champ libre à Nathalie Kosciusko-Morizet. Et il va tout faire pour que celle-ci ne laisse aucune chance à Rachida Dati. Vengeance personnelle ? Sans doute. Il enrage contre celle qui, depuis deux ans, ne rate pas une occasion pour le harceler, le stigmatiser, dénoncer son comportement de notable prêt à s'installer dans le fauteuil de maire de la capitale sous prétexte qu'il a été Premier ministre.
L'ancienne garde des Sceaux lui voue une telle détestation, s'acharne tellement à détruire son image que cette constance dans la haine a fini par être efficace et que Fillon a dû se résoudre à l'évidence: les municipales à Paris seront bien l'occasion d'un spectaculaire combat de femmes entre la dauphine désignée de Bertrand Delanoë, Anne Hidalgo et la représentante de l'UMP.
Sauf que Fillon n'a pas dit son dernier mot. Lui qui, a-t-on appris dans un livre "Ça m'emmerde, ce truc", serait capable, comme de nombreux hommes politiques, de "coups bas", pourrait bien utiliser les qualités de NKM (elle est jeune, brillante, déterminée et femme) pour attaquer Rachida Dati sur son propre terrain, celui de la modernité. La maire du VIIe arrondissement ne cesse de répéter qu'un combat de femmes à Paris "aurait de la gueule" ? Qu'à cela ne tienne !
2017... et la direction de l'UMP ?
L'ex-garde des Sceaux a compris que l'affaire se présentait mal pour elle en voyant les sondages. Aussi est-elle partie en campagne la première. Elle ferraille avec Anne Hidalgo sur le dossier des transports, publie une tribune dans "le Journal du Dimanche".
Et puis, crime de lèse-majesté, un rival (proche de NKM) apparaît au sein de l'UMP pour conquérir... "sa" mairie du 7e.
Pendant ce temps, François Fillon fait semblant de regarder ailleurs. Désormais loin des bruits et de la fureur qui accompagnent la conquête de la capitale, le député de Paris fourbit ses armes pour 2017.
Lui qui se refusait à mettre en place des réseaux fillonistes a changé d'avis sous la pression de ses amis. Éric Ciotti et Jérôme Chartier auraient reçu la mission de développer des antennes locales de son club, "France.9" qui, selon "Le Point", va changer de nom.
En mars, il devrait faire une tour de France des fédérations UMP, histoire de voir si les adhérents et les militants sont derrière lui, après l'épisode désastreux de l'élection interne du parti. Il devrait décider en juin s'il décide d'être candidat "par devoir" à la présidence de l'UMP.
En attendant, ses amis affirment que François Fillon pourrait faire "une importante déclaration" d'ici une dizaine de jours. Et s'il nous annonçait simplement le retrait de sa candidature à Paris au profit de Nathalie Kosciusco-Morizet ? Et si NKM devenait du même coup un petit caillou dans l'escarpin de Rachida Dati ?