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Le trader néerlandais a déjà été mêlé à deux scandales alimentaires. Photo : DR
Son évocation suscite interrogations et curiosité. Le courtier néerlandais, 62 ans, qui a acheté de la viande de cheval à un abattoir roumain pour le revendre au préparateur français Spanghero est au coeur du scandale des lasagnes. Intermédiaire clé, Jan Fasen, directeur de Draap Trading Ltd, est une figure trouble, au lourd passif.
S'il a déclaré au journal britannique The Guardian mercredi avoir clairement acheté de la viande de cheval et l'avoir vendue comme telle à Spanghero – qui continue de clamer le contraire – le trader a déjà été mêlé à plusieurs scandales dans l'industrie alimentaire. Dernier en date : en 2011, il est accusé d'avoir vendu du cheval argentin sous l'étiquette bœuf halal à des entreprises françaises. Résultat : 3,8 millions de bénéfices mais aussi une condamnation à 12 mois de prison pour tromperie en janvier 2012. Il a fait appel.
De la viande périmée
Son rôle est mis au jour il y a une semaine, en même temps qu'un circuit complexe et mal réglementé de la viande en Union européenne. Le grand public découvre alors l'existence de ces traders, chargés de trouver la viande la moins chère pour des fournisseurs tels que Spanghero. Mais ce n'est que mercredi que Jan Fasen sort enfin du bois, révélant son identité dans une interview accordée au Guardian. "J'étais sûr à 100% d'acheter du cheval (aux abattoirs roumains, ndlr). Nous avons vendu cette viande de cheval à Spanghero en France, ainsi qu'à des clients en Belgique et en Hollande. Tout a été vendu comme étant du cheval", insiste-t-il.
Seulement, le trader, en plus de sa condamnation en 2012, a été mêlé à un autre scandale quelques années plus tôt. Entre 2007 et 2009, des contrôles sanitaires révèlent que la viande achetée par Jan Fasen auprès d'un abattoir pour l'entreprise de viande surgelée Chiron contient des bactéries. "Chiron a immédiatement décidé du retrait des lots de viande concernés, et de leur destruction, et comme ce problème s'est répété à au moins deux reprises, l'entreprise a cessé de travailler avec Jan Fasen", a expliqué l'avocat de l'entreprise à BFMTV.
Et l'affaire pourrait ne pas se limiter à un trader gourmand et peu tatillon sur l'éthique. La société dont il est le directeur, Draap Trading Ltd, est l'un des maillons d'un montage financier complexe. L'entreprise est ainsi enregistrée comme chypriote, dirigée depuis la Belgique et propriété d'un fonds basé aux Iles Vierges britanniques, un paradis fiscal. La Roumanie n'a pas hésité, dès le début de l'affaire, à désigner l'ombre de la mafia dans l'affaire des plats préparés. "Il y a la main de la mafia internationale derrière ce problème. Je ne sais pas qui ils pourraient être, ou si des Roumains sont impliqués", a estimé Sorin Minea, patron de la fédération roumaine de l'industrie alimentaire, avant d'ajouter : "Je suis sûr qu'un réseau international est impliqué".