A l’occasion du sommet UE-Chine, le 14 février dernier, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso soulignait l’importance des relations entre Pékin et Bruxelles.
Des relations établies en 1975 et approfondies en 1985 avec l’accord de partenariat et de coopération. Depuis, rien à signaler tant il est vrai que la Chine estime n’avoir plus rien à négocier du point de de vue de son accès au marché européen. De son côté, l’Europe espère négocier un nouvel accord de partenariat et de coopération pour établir des « normes nouvelles ». Dans un rapport sur les relations Chine-Europe, les deux parlementaires, Marie-Louise Fort (UMP) et Jérôme Lambert (PS) estiment que « les relations entre l’Union européenne et la Chine souffrent d’une trop grande asymétrie, bien éloignées du partenariat « gagnant-gagnant ».
Et les problèmes s'accumulent: le déficit commercial, la surévaluation du yuan, la question des droits de l’Homme, le partenariat de coopération européen et chinois qui ne connaît aucune avancée.
Au risque d’un véritable découplage entre les économies européennes et chinoises, tant cette dernière est centrée sur l’Asie : « La Chine a façonné l’intégration productive des pays d’Asie et a lié leur économie à la sienne. Cette organisation productive confronte les pays de la région aux promesses de développement du marché chinois capable de leur assurer une croissance forte et durable, et aux risques d’une dépendance sans alternative. Cette organisation place également l’Europe et les Etats-Unis face aux risques d’un découplage des économies d’Asie par rapport aux marchés occidentaux. Elle a déjà eu pour effet d’évincer les entreprises européennes et américaines de la segmentation industrielle de la production asiatique ».
Pour preuve, ce partenariat commercial qui est l’un des tout premiers du monde a représenté 395 milliards d’euros en 2012. Il est cependant très déséquilibré au détriment de l’Union européenne déficitaire de 169 milliards d’euros. Un déséquilibre de la balance des paiements qui révèle l’essoufflement du système européen.
Longtemps, l’Union européenne a eu, vis-à-vis de la Chine, une attitude quelque peu angélique dite d’« engagement inconditionnel », selon l’expression du sinologue François Godement. L'union européenne accordait des bénéfices économiques à la Chine dans l’espoir de réformes démocratiques. Toujours rien à l'horizon...
Depuis 2009, constatant après l’échec des négociations sur le climat de Copenhague en 2009, que ce mode de fonctionnement n’était pas opératoire a changé son fusil d'épaule.