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Crédit d'impôt compétitivité : l'OFCE attend moitié moins d'emplois créés

JOURNAL
 
Crédit d'impôt compétitivité : l'OFCE attend moitié moins d'emplois créés que Bercy

L'institut d'études table sur 145.000 créations d'emplois en 2017 au lieu de 300.000.
L'impact sur la croissance sera très limité, sauf cette année.

Crédit d\'impôt compétitivité : l\'OFCE attend moitié moins d\'emplois créés que Bercy

Quel impact économique faut-il attendre du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (Cice) ? Pour le gouvernement, ce dispositif, qui va représenter un allégement net de 20 milliards d'euros, doit être un puissant levier incitant les entreprises à investir et à embaucher. Au total, le Cice « devrait permettre à l'horizon de 2017 de soutenir l'activité à hauteur de 0,5 point de PIB et de créer plus de 300.000 emplois », avait estimé le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, début novembre. Avec un effet dès 2013. Une aubaine au moment où la croissance cale et où le chômage s'envole. Sauf que l'Observatoire français des conjonctures économiques (l'OFCE) a fait tourner son propre modèle et arrive à des résultats moins prometteurs.

D'après son étude d'impact qui vient d'être bouclée, le crédit d'impôt créerait deux fois moins d'emplois à moyen terme qu'attendu par Bercy : l'OFCE en attend 145.000 nets en 2017 puis 152.000 en 2018. Ce qui reste loin d'être négligeable puisque cela permettrait une baisse du taux de chômage de 0,6 point à cet horizon. Dès cette année, 23.000 emplois seraient créés, soit 9.000 de moins qu'attendu par le gouvernement.

Impact légèrement récessif

Une des raisons de ces écarts tient au fait que l'OFCE anticipe un impact limité du crédit d'impôt en termes de surcroît de croissance. Cinq ans après sa mise en oeuvre, le Cice générerait un gain de 0,1 point de PIB. L'impact serait en réalité plus élevé dès cette année (+ 0,2 point) puisque le financement des 20 milliards d'euros de la mesure (hausse de TVA, coupe dans les dépenses, taxe écologique) ne débutera pas avant l'an prochain. En revanche, l'institut d'études économiques s'attend à un impact légèrement récessif de 2014 à 2016, « la perte de pouvoir d'achat des ménages liée aux hausses d'impôt et la réduction des dépenses publiques l'emportant sur la baisse des prix et le rétablissement des marges des entreprises », explique l'économiste Mathieu Plane, auteur de l'étude. Comme, dans toute dévaluation fiscale, les effets positifs sur l'offre mettent plus de temps à se concrétiser que les effets négatifs pesant sur la demande. Ce n'est que progressivement que le Cice engendrerait des gains de parts de marché des entreprises, que ce soit par l'augmentation des exportations (liées à la baisse des prix) ou la baisse des importations (la TVA renchérissant les importations).

L'autre surprise de l'étude vient de l'évolution de l'investissement productif des entreprises : l'OFCE estime que le crédit d'impôt aura plus d'effets négatifs que positifs. Certes, le Cice va permettre de redresser les marges des entreprises (actuellement au plus bas) et donc leur capacité d'autofinancement. Mais cet effet ne serait pas suffisant pour peser sur l'investissement (seul 10 % du Cice irait in fine à la restauration des marges) tandis que la baisse du coût de travail inciterait davantage les entreprises à arbitrer en faveur de la création d'emploi plutôt que de recourir au capital. A cela viendrait s'ajouter « un effet négatif à moyen terme d'accélérateur lié à la baisse de la demande ». poursuit l'étude. « Si le Cice ne crée pas du surcroît d'activité, il n'y a aucune raison que cette mesure relance l'investissement », explique Mathieu Plane. Sans compter que les entreprises sont en surcapacités de production.

Reste que le modèle de l'OFCE n'intègre pas l'éventuel surcroît d'investissements en R & D ou encore certains effets indirects d'une amélioration des conditions financières des entreprises (moindres risques de faillite, par exemple). « Cela tend à sous-estimer les effets positifs du Cice sur le PIB potentiel de l'économie », précise l'étude. Au final, Mathieu Plane juge que le Cice est « plus une mesure favorable à l'emploi qu'un réel choc de compétitivité favorable à la relance de l'investissement ».

 
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