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Tout commence ce dimanche matin. Comme elle l'a déjà répété plusieurs fois, Dominique Bertinotti, la ministre déléguée à la Famille, assure devant l'Assemblée nationale que «la PMA sera abordée dans le cadre d'une loi famille» que le gouvernement présentera en mars. A l'heure du déjeuner, comme attendu, les députés votent massivement contre deux amendements de la communiste Marie-George Buffet ouvrant la PMA aux couples homosexuels. Jusque-là, rien de bien surprenant.
Mais quelques heures plus tard, Matignon s'en mêle... et contredit sa propre ministre ! Les services du Premier ministre précisent ainsi que la question de la PMA ne sera pas forcément traitée dans la loi sur la famille annoncée pour mars. La raison de ce «recadrage» ? Le chef du gouvernement souhaite attendre l'avis du comité consultatif national d'éthique (CCNE) et celui-ci ne pourra pas être rendu avant mars...
Pour tenter de clore l'imbroglio, Alain Vidalies, ministre chargé des relations avec le Parlement, reprend la main en milieu d'après-midi. En accord avec Matignon (cette fois), il précise qu'il y aura «une seule loi famille» comprenant l'ouverture de la PMA aux homosexuels, qu'elle «comprendra la proposition du gouvernement sur la PMA» et qu'elle sera présenté «avant la fin de l'année», après avis du CCNE.
(l'article continue après l'infographie)
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Les députés UMP, eux, n'ont pas hésité à crier victoire : «Il y a un recul du gouvernement ! Un recul du gouvernement, ça se prend et ça s'applaudit !» a lancé Hervé Mariton dans l'hémicycle alors que le président des députés UMP, Christian Jacob, a préféré y voir une ministre «recadrée par le Premier ministre qui a décidé de faire marche arrière sur le sujet».
Jean-Christophe Fromantin, principal orateur pour l'UDI, a de son côté dénoncé un «acte de fronde» au sein du gouvernement. Selon le maire de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), il y a une «totale contradiction» entre Dominique Bertinotti, patisane d'une loi Famille incluant le PMA d'ici la fin de l'année, le Premier ministre qui dit qu'une loi PMA est soumise à l'avis du Comité national d'éthique ou encore Bruno Le Roux, le président des députés PS, qui annonce qu'il y aura de toute façon une loi PMA.
Dans le camp de la majorité parlementaire, certains à gauche réclament des éclaircissements. L'écologiste Sergio Coronado craint que «ce projet autorisant la PMA soit enterré. La représentation nationale a besoin de clarté, de savoir si les engagements de Mme Bertinotti seront tenus ou si la consultation du Comité d'éthique n'est qu'une manoeuvre dilatoire».
Et déjà Bruno Le Roux prévient : si le projet de loi gouvernemental sur la famille ne comprend pas l'ouverture de la PMA aux couples de femmes, comme promis au groupe socialiste, celui-ci «prendra ses responsabilités». Il a résumé sa position dans la soirée au cours de l'émission BFM Politique/RMC/Le Point : la PMA sera «bien entendu votée» car «c'est la position du Parti socialiste depuis des années». Et ce quelque soit l'avis, «consultatif» rappelle-t-il, du Conseil national d'éthique...