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Préfet ERIGNAC :YVAN COLONNA condamné à la réclusion perpétuelle à perpétuité

Préfet ERIGNAC :YVAN COLONNA condamné à la réclusion perpétuelle à perpétuité

Dans une lettre, Yvan Colonna somme Pierre Alessandri de l'innocenter
 
La cour d'assises spéciale de Paris a déclaré Yvan Colonna coupable de l'assassinat du préfet de Corse Claude Érignac en 1998. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, le berger de Cargèse va se pourvoir en cassation, selon son avocat.    ERIGNAC
Par France 2 (vidéo)
Dépêche (texte)
 

AFP - Yvan Colonna, déclaré coupable pour la troisième fois de l'assassinat en 1998 du préfet de Corse Claude Erignac, a été condamné lundi à la réclusion criminelle à perpétuité sans peine de sûreté par la cour d'assises spéciale de Paris.

A l'énoncé du verdict, qui ne prévoit pas cette peine de sûreté qu'avait réclamé le ministère public, le berger de Cargèse a crié "Je suis innocent" et a quitté le box des accusés après avoir embrassé son fils Jean-Baptiste, 21 ans, et son frère Stéphane.

L'un de ses avocats, Me Antoine Sollacaro, a immédiatement annoncé l'intention de son client de se pourvoir en cassation.

Auparavant, le visage tendu, Yvan Colonna, avait écouté le président Hervé Stephan, se tournant se temps à autre vers sa famille, notamment sa nouvelle épouse qui s'est mise à pleurer après qu'il a été déclaré coupable de tous les faits qui lui sont reprochés au terme d'un délibéré d'environ sept heures.

Le président a lu une motivation détaillée du verdict, déclarant Yvan Colonna, 51 ans, coupable d'avoir participé à l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella où l'arme du crime avait été dérobée, en septembre 1997, et à l'assassinat du préfet, le 6 février 1998 à Ajaccio.

"Yvan Colonna a tenu le rôle du tireur lors de l'assassinat", a jugé la cour.

Dans la matinée, avant que la cour se retire pour délibérer, Colonna avait une dernière fois clamé son innocence : "J'ai jamais tué personne, j'ai jamais pensé tuer quelqu'un, j'ai jamais imaginé participer au meurtre de quelqu'un".

Avant sa déclaration d'une dizaine de minutes pendant laquelle il a dit son "stress" et sa "peur", il avait pu échanger quelques mots depuis le box des accusés avec son fils Jean-Baptiste, présent pour la première fois au procès et qu'il a dit ne pas avoir vu depuis "sept mois".

"J'en suis à huit ans de prison pour un crime que je n'ai pas commis", avait assuré le berger de Cargèse (Corse-du-Sud), arrêté le 4 juillet 2003 au terme d'une cavale de quatre ans dans le maquis corse.

"Je vous demande tout simplement de me croire, parce que c'est la vérité. Je ne vais pas vous supplier, ça ne se fait pas", avait-il dit aux neuf magistrats professionnels qui composent la cour.

"Je suis fatigué, très fatigué de me battre depuis des années. J'ai envie de rentrer chez moi, de retrouver un peu de paix".

Les magistrats ont motivé leur verdict, répondant à une liste de 36 questions, rejetant dix questions subsidiaires qui lui avaient été soumises par la défense.

Jugé depuis le 2 mai, Yvan Colonna, qui n'a cessé de clamer son innocence, a été condamné deux fois à perpétuité. Le verdict d'appel en 2009, alourdi d'une période de sûreté de 22 ans, a été annulé par la Cour de cassation pour vice de forme.

En l'absence d'éléments matériels, l'accusation reposait principalement sur les mises en cause d'Yvan Colonna par plusieurs des six membres du commando condamnés en 2003 pour le crime et par leurs épouses.

Faites durant leurs gardes à vue en mai 1999 et réitérées devant un juge d'instruction, ces accusations n'ont été rétractées que des mois, voire des années plus tard. La cavale d'Yvan Colonna (1999-2003) est aussi considérée comme un élément à charge.

Ses avocats avaient demandé à la cour de l'acquitter au bénéfice du doute. Ils ont insisté sur les "irrégularités" de l'enquête et dénoncé une instruction menée uniquement "à charge".

Ils avaient demandé à la cour de ne pas "sacraliser" la parole de ses accusateurs, auxquels la police aurait, selon eux, "soufflé" le nom d'Yvan Colonna, qu'ils soupçonnaient "depuis décembre 1998".

Auditionnés fin mai, certains membres du commando ont une nouvelle fois affirmé qu'Yvan Colonna n'avait pas participé à leurs actions. Mais comme aux deux premiers procès, leurs silences et non-dits ont pesé.

 

Dans une lettre, Yvan Colonna somme Pierre Alessandri de l'innocenter
Dans une lettre, Yvan Colonna somme Pierre Alessandri de l'innocenter
Jugé pour la troisième fois dans l'assassinat du préfet de Corse Claude Érignac en 1998, Yvan Colonna aurait écrit en décembre à Pierre Alessandri, l'auteur du meurtre, pour lui demander de le "tirer d'affaire".    ERIGNAC
Par Dépêche (texte)
 

REUTERS - Yvan Colonna, jugé pour la troisième fois aux assises spéciales de Paris pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac en 1998, avait, dans une lettre envoyée en décembre, menacé Pierre Alessandri et lui avait demandé de le tirer d'affaire, rapportent samedi matin les radios Europe 1 et RTL.
 
Pierre Alessandri, comme trois autres protagonistes, avait d'abord accusé Colonna à partir de mai 1999, avant de se rétracter en octobre 2000. Finalement condamné à perpétuité en 2003, il a déclaré en 2004 qu'il était le véritable auteur des coups de feu.
 
Jeudi dernier, il a confirmé à la cour d'assises de Paris le nouveau récit d'Yvan Colonna pour tenter de démontrer son innocence. Selon cette nouvelle version, apparue cette semaine, Colonna avait été contacté pour faire partie du groupe de tueurs mais avait refusé, ce qui avait suscité un sentiment de rancune amenant ensuite les auteurs du crime à le mettre en cause à tort.
 
Selon les deux radios, le président de la cour d'assises a dévoilé vendredi l'existence d'une lettre manuscrite de quatre feuillets, rédigée en langue corse, qu'a écrite et envoyée Yvan Colonna à Pierre Alessandri en décembre dernier, avant l'ouverture de l'actuel procès.
 

La lettre, datée du 19 décembre 2010, a été saisie dans la cellule d'Alessandri et, d'après les avocats, il s'agirait bien de l'écriture d'Yvan Colonna, précise Europe 1.

 
Dans cette lettre, Colonna parle d'amitié trahie, reproche à Alessandri de ne pas avoir dit qu'il était innoncent, de l'avoir sacrifié et "balancé", et lui demande de le tirer d'affaire.

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