• Marine Nationale : une femme-matelot porte plainte pour harcèlement sexuel à Metz

    Marine Nationale : une femme-matelot porte plainte pour harcèlement sexuel à Metz

    Le 3 mai 2012 à 21:51

     

    Après avoir subi des gestes déplacés et des paroles salaces durant six mois, une femme-matelot de la Marine Nationale brise le silence et porte plainte contre son supérieur


     

    Un cas de harcèlement sexuel dans la Marine Nationale, à Metz, provoque actuellement un scandale sans précédent, après le dépôt de plainte d’une femme-matelot de 26 ans contre son supérieur. Saisis par l’Association de défense des droits des militaires (Adefdromil), Gérard Longuet, ministre de la défense, et Xavier Bertrand, ministre du Travail, ont été priés d’intervenir.

    Au départ, la jeune femme matelot s’était engagée dans la Marine Nationale pour « vivre une première expérience professionnelle enrichissante et valorisante », comme le promettait la publicité. Mais en juillet 2011, quand elle devient femme-matelot, secrétaire au centre d’information et de recrutement de la Marine Nationale du chef-lieu de la région Lorraine à Metz, sous les ordres de son supérieur, le cauchemar commence.

     

    Un harcèlement incessant

     

    La jeune femme se plaint d’avoir été surnommée « P’tit chat » et « Little minou » par son supérieur. L’homme lui aurait interdit de porter le pantalon d’uniforme, sous prétexte qu’elle est une femme. Elle affirme également avoir été contrainte de lui redonner régulièrement le mot de passe de son ordinateur : « Bitte de port ». L’accusé présumé lui également aurait tapé sur les fesses lors de « joggings » parce qu’elle ne courait « pas assez vite » et il courait derrière elle pour « profiter du spectacle ». Lorsqu’elle se baissait, son supérieur lui aurait dit : « Moi, cette position, je m’en sers pour faire autre chose ». Il lui aurait également demandé, à plusieurs reprises, et malgré ses refus, de se changer dans son bureau après avoir pris une douche.

    Bien qu’on ait tenté de la dissuader de porter plainte, la jeune femme-matelot compte obtenir justice. Le combat est difficile car actuellement, le statut des militaires est régi par le code de la Défense dans lequel, contrairement à la loi de 1983 sur les fonctionnaires, il n’y a aucune disposition sur le harcèlement moral ou sexuel. L’Adefdromil demande au ministère de la Défense de « compléter le statut général des militaires avec des articles explicites, inspirés du statut de la fonction publique, interdisant le harcèlement sexuel et moral dans les armées ».

    L. C.

    Photo CC @Maretmarine


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