C'est une censure qui doit ravir le gouvernement. Dans une décision rendue ce mardi, le Conseil constitutionnel a invalidé l'amendement Ayrault instaurant une CSG dégressive pour les salariés à bas revenus . Motif invoqué par les sages pour censurer ce qui était devenu l'article 77 de la loi de finances 2016 : l’ inégalité de traitement entre salariés et non-salariés, ces derniers étant exclus du dispositif.

Assez complexe, l'amendement Ayrault mettait en place, à compter du 1 er  janvier 2017, un système de CSG dégressive pour les salariés modestes gagnant jusqu 'à 1,34 Smic. Cette baisse de CSG correspondait en réalité à une «avance» sur le versement d'une partie de la prime d' activité , nouveau dispositif né de la fusion de la prime pour l' emploi (PPE) et du RSA activité.

Ce mécanisme , qui visait, entre autres , à rendre automatique le bénéfice de cette nouvelle prime, aurait représenté un surcoût de quelque 2 milliards pour les caisses de l'Etat. En effet, alors que la prime d'activité, à l' image du RSA activité aujourd'hui , ne sera pas demandé par tous les bénéficiaires potentiels, la réduction de CSG n'aurait nécessité , elle, aucune démarche de la part du salarié. D'où le surcoût pour l'Etat. Et le soulagement, ce mardi soir, de l'exécutif.

Luc Peillon