•  L’offre Bergé-Niel-Pigasse plébiscitée par les salariés, le feuilleton de la recapitalisation approche de son dénouement. Bien des questions demeurent.Cela s'appelle un plébiscite. Vendredi, les salariés, cadres, journalistes et lecteurs du Monde ont massivement voté en faveur de l’offre de reprise proposée par l’équipe réunissant le mécène Pierre Bergé, l’industriel Xavier Niel (Free) et le banquier Matthieu Pigasse (Lazard). Ce résultat n’était pas gagné d’avance. L’offre concurrente, menée par Claude Perdriel (Le Nouvel Observateur), Stéphane Richard (Orange) et Juan Luis Cebrian (Prisa), partait gagnante au début du mois. Si Claude Perdriel maintient formellement son offre, il devrait la retirer demain, ouvrant complètement la voie au trio "BNP" et à un nouveau Monde.

    Le vote de lundi est-il une simple formalité? 100% chez les employés, 94,9% chez les cadres, 90,84% chez les journalistes, 82,5% au Monde interactif… C’est un plébiscite pour "BNP" et les représentants des salariés iront donc participer aux deux conseils de surveillance prévus demain à partir de 14h30 – celui du Monde Partenaires et Associés (LMPA) et du Monde SA – avec l’obligation d’apporter leurs voix au trio. Les deux conseils voteront pour choisir le partenaire avec lequel entrer en période de "négociations exclusives" sur le projet de recapitalisation. Comme il y a un besoin de trésorerie urgent, pour payer les salaires notamment, le repreneur devra sans attendre verser 10 millions d’euros au minimum.

    Claude Perdriel peut-il encore l’emporter?Sur le plan théorique, oui. Les représentants des personnels, actionnaires "internes" du Monde, pèsent environ la moitié des voix. L’autre moitié est entre les mains d’actionnaires "externes", dont… Prisa et Perdriel! Le feuilleton pourrait donc rebondir avec deux camps incapables de s’entendre. Mais, en réalité, il est de tradition pour les actionnaires externes de suivre la décision de la Société des rédacteurs du Monde (SRM), acquise à "BNP". Surtout, Claude Perdriel va jeter l’éponge. Il a maintenu son offre jusqu’à demain, alors qu’il avait initialement déclaré vouloir se retirer. "Mais c’est à la demande insistante des actionnaires, qui veulent avoir formellement deux offres opposées sur la table lors des conseils de lundi. A l’issue de ces réunions, Claude Perdriel souhaitera bonne chance à la nouvelle équipe", commente Le Nouvel Obs.D’autant qu’un nouveau dossier fera l’actualité et pourrait consoler l’homme de presse : la recapitalisation de Libération (à hauteur de 5 millions d’euros pour l’instant).

    Quelle gouvernance maintenant pour Le Monde? Pour emporter l’affaire en rassurant les troupes sur "l’indépendance" du Monde, Pierre Bergé a promis d’injecter 10 milions d'euros pour offrir aux salariés une minorité de blocage. "Ils ont fait fort, nous n’en demandions pas tant", reconnaît Véronique Brocard, représentante des salariés de La Vie catholique, qui appartient au groupe. Mieux: la SRM a imposé in extremis que la perte de contrôle programmée des journalistes sur le quotidien soit repoussée à septembre. Cela donne du temps pour négocier un modèle de gouvernance. "Il fera l’objet de négociations dans les semaines à venir", explique Gilles Van Kote, président de la SRM. Concernant la direction du Monde, Louis Schweitzer (président du conseil de surveillance), Eric Fottorino (directeur) et David Guiraud (directeur général) conservent pour l’instant leurs postes. Selon des sources internes, Matthieu Pigasse ne souhaite pas exercer des fonctions opérationnelles, mais rester actionnaire.

    Quel projet sur le versant industriel? La solidité financière du projet a joué dans la victoire du trio Bergé-Niel-Pigasse. Avec 110 millions d'euros sur la table, les nouveaux dirigeants ont les moyens d’affronter sereinement un contexte très difficile (recapitalisation et marché en berne). Xavier Niel a, semble-t-il, impressionné les journalistes du Monde sur sa vision industrielle du projet. La phase active de la recapitalisation sera engagée cet été. Reste la question épineuse de l’imprimerie duMonde, qui doit aussi trouver un nouvel actionnaire pour être modernisée.

    Que va devenir Le Monde interactif ? La filiale numérique (lemonde.fr) du groupe est un cas particulier. Valorisée sept fois plus que le prestigieux quotidien dont elle est une émanation, elle possède comme actionnaire de référence Lagardère, avec un tiers du capital, qui devait vendre sa participation à Orange Lundi, les administrateurs devront discuter du destin du Monde interactif. L’idée du trio "BNP" est d’examiner la possibilité d’un rapprochement des rédactions Web et papier, afin de former un ensemble plus puissant. Tout dépendra du choix de Lagardère (propriétaire du JDD), actionnaire de référence du Monde également (17 % des parts).


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    La Tête en friche

    Paru dans leJDD

     

    Elle a donné la réplique à Raimu et sera sur les écrans en octobre pour un prochain film. (DR)

    Il était une fois un ours et une vieille poupée. Il a la cinquantaine, elle, pas loin du double. Il est un être fruste, elle est un îlot de finesse et de douceur. Il sait à peine lire, mais sur le banc sur lequel ils se rencontrent, elle va lui ouvrir les yeux… L’histoire est simple et son dénouement, comme un peloton dans la plaine, se voit venir de loin. Jean Becker demeure le peintre des amitiés solidaires et des sentiments désuets, pour le meilleur (Les Enfants du marais), parfois le pire (Deux jours à tuer). Mais ici, quelle fraîcheur dans les scènes où Depardieu croise le verbe avec Gisèle Casadesus. Super Gérard est en verve, avec trois bons rôles coup sur coup (DumasMammuth et maintenant celui-ci). Quelle légèreté, quelle délicatesse. Il n’est jamais meilleur que lorsqu’il s’amuse; ou lorsqu’il a en face de lui des gens qui "jouent" dans tous les sens du terme, comme le fait Gisèle Casadesus.

    Un phénomène, Gisèle. 95 ans. A l’heure du débat sur l’abaissement de l’âge de la retraite, un cas d’espèce. Le sujet l’intimide d’ailleurs. "Oh, vous savez, j’estime que j’ai beaucoup de chance et rien à dire sur le sujet. C’est une bénédiction du ciel, vu mon âge, que je puisse encore travailler. J’aime me dire que peut-être je représente un espoir pour ceux que la vieillesse inquiète…" Elle vous dit ça en se servant une deuxième tasse de thé de Chine. "Ça ne m’empêche pas de dormir. Et je suis debout tous les jours vers 8 h 30-9 heures…" Sur le tournage du Becker, l’été dernier, c’était parfois un peu plus tôt et ça, ça lui coûte un peu plus à Gisèle. Sacrifice largement compensé par le plaisir de retrouver le colosse de Châteauroux. "Gérard Depardieu est un homme charmant. Quelqu’un qu’on a envie de prendre dans ses bras. Il pourrait être mon fils, voire mon petit-fils, vous savez…"


    "La Tête en friche est  une  histoire de tendresse"

    Sociétaire de la Comédie-Française pendant vingt-huit ans, Gisèle Casadesus a également eu une carrière notable au cinéma. Elle a donné la réplique à Raimu (L’Homme au chapeau rond, 1945) avec lequel elle avait "une jolie scène d’émotion", dit-elle. Gabin aussi, sur le tard (Verdict, 1974), "un homme aimablement bougon et surtout grand acteur". Depardieu a-t-il sa place au milieu de ces deux-là? "Bien sûr. C’est un professionnel, qui arrive sur le plateau son texte appris. Il nous a fallu assez peu de scènes, un minimum de répétitions. Très vite, on s’est trouvé."

    La façon de jouer a-t-elle beaucoup changé en soixante ans? "A l’époque, beaucoup d’acteurs de cinéma jouaient “vieux théâtre”. Avec le temps, le jeu est devenu plus naturel. Mais le revers de ce naturel est qu’au théâtre surtout certains acteurs oublient d’articuler…" Elle dit "bénir" Jean Becker qui, en 1999, lui avait donné un rôle déjà dans Les Enfants du marais. "Il m’a introduite dans des films de mon climat, dit-elle. C’est un directeur d’acteurs courtois, qui ne vous impose rien. La Tête en friche est une histoire de tendresse." Bon. Et l’avenir? Il est amusant de savoir qu’elle a le même agent que… Johnny Hallyday, ce qu’elle ignorait. "J’ai deux très jolis projets qui, j’espère, se feront, pour ceux qui ont eu le talent de les écrire." En attendant, on la verra dans Elle s’appelait Sarah de Gilles Paquet-Brenner. "Une très touchante histoire de mémoire."                                          La sienne est intacte.


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  • "La Tête en friche" de Jean Becker est une ode à la lecture et à l'amitié amoureuse entre un analphabète et une vieille femme interprétés par deux comédiens magistraux.

    Première phrase de Sur la lecture, de Marcel Proust, préface qu'il écrivit en 1905 à l'occasion de sa traduction de Sésame et les lys de John Ruskin:« Il n'y a peut-être pas de jours de notre enfance que nous ayons si pleinement vécus que ceux que nous avons cru laisser sans les vivre, ceux que nous avons passés avec un livre préféré. » Germain, la cinquantaine débonnaire, n'a pas connu ce doux bonheur. Il est quasi analphabète. Il a la tête en friche. Comprenez que son esprit n'a pas été irrigué par le plaisir de la lecture, que sa belle âme n'a pas été cultivé sur les bancs de l'école.

    Germain vit de petits boulots. Il fait les marchés, coupe son bois, le travaille, s'occupe de son potager, de son chat, de sa petite amie, Annette (Sophie Guillemin). Il vit avec sa mère dingue, hystérique (Claire Maurier) qui le méprise. Ou plutôt fait semblant de le mépriser. Comme ses «copains» de bistrot Landremont (Patrick Bouchitey), Jojo (Jean-François Stévenin)… qui n'ont de cesse de le chambrer. Son bon fond est son principal défaut et sa principale qualité. Aucune malice chez cet homme démuni.

    Gérard Depardieu s'est glissé dans la salopette bleu de chauffe de Germain avec l'aisance du connaisseur. Il « est » tout entier Germain. «Il aurait pu être moi», a déclaré l'acteur. Lorsqu'il rencontre Margueritte avec deux «t» une vieille dame passionnée de lecture (magnifique Gisèle Casadesus), dans un jardin public où il aime compter les pigeons auxquels il appose des prénoms, sa vie en sera toute bouleversée.

    Les mots sont le monde de Margueritte. Ils passent par sa voix douce. Germain a l'intelligence et la mémoire auditives. Aime entendre cette grand-mère lui lire, maternelle, La Peste, d'Albert Camus, dont il devine les rats, La Promesse de l'aube, de Romain Gary… Il n'est pas peu fier de citer ces auteurs devant ces camarades incrédules lorsqu'il tape le carton et boit ses canons.

    Jour funeste

    Elle lui offre un Petit Robert dont il peine à se servir mais goûte la joie des définitions. Margueritte perd petit à petit la vue. Germain l'analphabète deviendra sa canne blanche, lui fera à son tour la lecture jusqu'à ce jour funeste où elle quittera sa maison de retraite pour des raisons financières. On ne racontera pas la suite.

    Ce film dégage un charme étonnant, d'une beauté toute simple, toute pagnolesque, dans la grande tradition. Les dialogues de Jean-Loup Dabadie le film est l'adaptation du roman de Marine-Sabine Roger sont d'une poésie naturelle. Entre Gérard Depardieu et Gisèle Casadesus, une magie immédiate. Ils étaient faits pour se rencontrer. Le colosse aux pieds d'argile et la brindille à forte tête. Tous deux croient à la beauté des choses. La Tête en friche , un film simple d'une grande bonté, si frais, si bienveillant et si bouleversant…


    MALOU1360:

    Un moment de poésie rare dans un monde qui a perdu ses repères et ses fragilités! Des comédiens épatants qui ne jouent pas mais vivent leurs rôles. On sent en eux une jubilation profonde et une complicité absolue. La simplicité et le goût du BEAU, que nous avons perdus, éclatent ici en pleine lumière : un pur moment de bonheur pour les spectateurs partagé par les acteurs.

    Une grande réussite humaine culturelle et cinématographique : avec la lecture et  certains extraits de CAMUS, écrivain lui aussi de l'Absolu et de la Beauté et des grandes erreurs humaines .

    Merci pour ce moment de grâce M. Jean BECKER!


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  • Art


    Une rétrospective de Balbino Giner Garcia est visible à « A Cent mètres du centre du monde ». Une occasion de faire le tour de cette galerie importante, ouverte à Perpignan en 2004.

    Balbino Giner, A Cent Mètres du Centre du Monde, à Perpignan

    Vendredi 30.4.2010. 21:00h


    Le centre d’art "A cent mètres du centre du monde" a ouvert en 2004 sur une initiative de Vincent Madramany, son fondateur et directeur. Il s’agit d’une initiative qui lui revient entièrement. Vincent Madramany a été un important chef d’entreprise implanté au marché international Saint-Charles de Perpignan. En parallèle, il a réuni une collection d’artistes vivants. Son arrière cour abritant un immense ancien magasin, il a fait le rêve d’y créer un grand centre d’art contemporain. C’est avec quatre ans de retard sur ses prévisions, en 2004, que Madramany ouvre ce lieu, exploité par une association regroupant de nombreux mécènes. 

    Une ligne d’expositions 

    Dès le départ, les choix de Vincent Madramany en matière d’art sont clairs : sa collection reflète ses goûts. Et c’est sans doute là sa force : là où les instances publiques sont contraintes à des commissions et des compromis inévitables, les collectionneurs privés sont souvent monomaniaques. Vincent Madramany est né à València, dont il connaît bien la scène, et possède des œuvres de plusieurs artistes : Armengol, Barberà, Heras. Chacun d’eux se voit d’emblée consacrer une exposition monographique avec catalogue. Des coproductions se mettent en place avec l’Institut Valencien d’Art Moderne (IVAM). Les choix sont précis et reflètent, à la manière d’une fondation naissante, les goûts et l’histoire du fondateur. 

    La peinture française 

    Puis une série d’expositions explore l’œuvre d’artistes français : Viallat, Ben tout d’abord. Difficile de faire du nouveau avec ces vieux loups, d’autant qu’ils ont beaucoup été montrés dans la région. Les expositions ont au moins l’avantage de montrer la fidélité de Madramany à ces artistes des années 1970. Mais la véritable passion du collectionneur valencien est dédiée à l’œuvre de Jean le Gac. Celui-ci se voit consacrée une exposition en 2006 qui fait date dans la biographie du peintre de la galerie parisienne Templon. Madramany continue d’ailleurs de prêter de nombreuses œuvres du peintre pour des expositions, à Paris ou ailleurs. 

    Balbino Giner Garcia 

    L’exposition en cours, celle de Balbino Giner, coproduite avec le consortium des musées de València, retrace le parcours du peintre né à València et mort à Perpignan. Plus d’une centaine d’œuvres sont accrochées, pour reprendre les traces singulières laissées par l'artiste. Une peinture aux styles éclatés, de l’académisme tardif des années trente à un expressionisme à la Kirchner. Le grand nombre d’œuvres et l’accrochage thématique rendent difficile la compréhension globale. L’exposition peine à nous faire saisir l’intérêt réel de l’œuvre de Balbino, les superlatifs ne faisant pas un commissariat. Mais l’œuvre elle même est tellement inégale que l’exercice est périlleux. Au moins, hommage est rendu à ce prophète en son pays. 

    Entre deux eaux 

    Le centre, après six ans d’existence, joue un rôle phare dans le paysage perpignanais, où l’art contemporain n’est souvent qu’une ballade entre gens qui sont nés quelque part. On aime vraiment lorsque Madramany est plus indépendant, et découvre de jeunes artistes allemands tels que Eichhorn (2006), ou français (Corpet 2007, ou Penchréac’h, à venir). Mais sans doute, pour rencontrer le succès public et médiatique, faudrait-il programmer, à la manière des fondations, d’importantes et historiques expositions estivales, n’ayant pas forcément de lien de territoire avec la Catalogne. Quitte à élargir à l’histoire de l’art moderne, autant présenter des artistes majeurs qui, attirant des publics plus nombreux, feront bénéficier de leur aura les autres expositions du centre. Une telle démarche impliquerait de passer un cap structurel bien sûr, mais également culturel dans une région où l’histoire de l’art ressemble parfois à une condamnation. C’est l’espoir que porte aujourd’hui le centre d’art de Vincent Madramany. 

    « Balbino Giner Garcia », A cent mètres du centre du monde (A.C.M.C.M), 3, avenue de Grande Bretagne 66000 Perpignan.www.acentmetresducentredumonde.com. Jusqu’au 13 juin 2010.


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  • La réalisatrice de Trois Hommes et un couffin signe un documentaire sur les remèdes possibles à l’agriculture intensive, qu’elle considère comme malsaine et destructrice.

    En 2007, Coline Serreau prend une année sabbatique et décide de tourner des images pour ses archives personnelles. Elevée à l’homéopathie et à la naturopathie, elle est écolo depuis toujours et commence naturellement à mener des entretiens avec des agriculteurs bio, des ingénieurs agronomes, des spécialistes des sols…

    Plutôt que s’attarder sur les causes des dérives de l’agriculture, ses témoins se concentrent sur les remèdes concrets et réalistes à ces problèmes. Touchée par ce discours positif, la réalisatrice envisage un long-métrage et trouve des producteurs sensibles à l’optimisme de son documentaire baptisé Solutions locales pour un désordre global. « Je ne voulais pas donner d’exemples négatifs qui culpabilisent et démoralisent le public. J’en ai ras le bol qu’on nous dise que tout est fichu d’avance. Le système actuel a été monté par les politiques et les industriels pour leur propre compte et nous sommes tout à fait capables de faire changer les choses. Il faut refaire le lien avec nos traditions. Nos grands-parents savaient cultiver autre chose que des cochonneries. »

    Seule avec sa caméra HD, la cinéaste tourne 170 heures de rushes à travers le monde et dégage « la » solution à la mauvaise alimentation et à la destruction de nos terres : le retour à une autonomie alimentaire à travers des structures locales. Les pionniers dans le domaine expliquent comment y parvenir : en créant son compost, en utilisant des semences anciennes, en bannissant les produits chimiques et, surtout, en s’unissant… Les témoignages sont pertinents et souvent drôles. « Je ne voulais pas que mes intervenants se placent au-dessus des gens. Quand on a plein de pognon comme Nicolas Hulot ou Yann Arthus-Bertrand, c’est facile de donner des leçons, mais de quel droit ces grands bourgeois nous jugent-ils ? Pour les trois quarts des gens, l’important, c’est de payer le loyer, d'avoir du boulot et d’éduquer les enfants. Moi, je ne veux effrayer ou engueuler personne. Juste donner le plaisir et l’envie de faire des choses ensemble. »


    Et ça marche. Impossible, en effet, de rester insensible aux anecdotes cocasses de Claude Bourguignon, microbiologiste des sols, ou aux paroles sages de Pierre Rabhi, le président du mouvement Colibris, plus percutant que n’importe quel homme politique. Aucun parti n’a d’ailleurs ici voix au chapitre : « Pour quoi faire ? S’ils avaient des solutions, ça se saurait, depuis le temps ! »

    Loin des films culpabilisants et alarmistes de Nicolas Hulot et de Yann Arthus-Bertrand, ce documentaire écolo est la plus intelligente des productions du genre sorties récemment. Pédagogique, accessible et éveilleur de conscience, le film de Coline Serreau remplit aisément sa mission documentaire mais se regarde aussi comme une véritable œuvre de cinéma, palpitante, drôle et sensible.





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